L’Angola s’apprête à ouvrir davantage son marché national des obligations d’État aux investisseurs internationaux, dans le cadre d’une stratégie visant à diversifier ses sources de financement et à renforcer l’attractivité de son marché local des capitaux. La dette publique intérieure angolaise s’élevait à 17 000 milliards de kwanzas, soit environ 18,6 milliards de dollars, à fin 2025, selon les données du ministère des Finances.
La ministre angolaise des Finances, Vera Daves de Sousa, a indiqué que Luanda étudiait notamment une éventuelle inclusion de ses titres de dette dans un nouvel indice de dette en monnaie locale développé par JPMorgan. Une telle intégration pourrait accroître la visibilité des obligations souveraines angolaises auprès des investisseurs internationaux et faciliter leur allocation aux portefeuilles spécialisés dans les marchés frontières.
Les autorités angolaises prévoient également de rencontrer des investisseurs internationaux à Luanda au cours du mois de septembre afin d’évaluer leur intérêt et de travailler sur les conditions permettant un accès plus large au marché obligataire local. « Nous voulons voir si nous pouvons prendre de l’ampleur, mais pour que cela arrive, il nous faut un canal clair », a déclaré Vera Daves de Sousa à Reuters en marge d’une conférence d’investisseurs à Londres.
Les investisseurs étrangers peuvent déjà acquérir des titres de l’État angolais, mais cette participation reste soumise à certaines contraintes, notamment l’approbation de la banque centrale et le recours à des dispositifs bancaires locaux. Selon la ministre, ces exigences ont jusqu’ici limité la présence des investisseurs internationaux sur le marché domestique.
Pour Luanda, l’ouverture accrue du marché obligataire pourrait permettre de diversifier la base d’investisseurs et de réduire progressivement la dépendance au financement extérieur libellé en devises étrangères. Elle pourrait également contribuer, à terme, à réduire les coûts d’emprunt de l’État, tout en favorisant le développement et la profondeur du marché financier domestique.
Cette initiative intervient alors que JPMorgan prépare un indice de référence consacré à la dette en monnaie locale des marchés frontières. Celui-ci devrait notamment couvrir des pays comme le Nigeria et le Kenya. Une présence de l’Angola dans un tel indice offrirait aux titres souverains du pays une exposition accrue auprès des gestionnaires de fonds internationaux qui utilisent les indices comme références pour leurs décisions d’investissement.
En parallèle, Luanda envisage déjà un nouveau recours aux marchés internationaux de capitaux en 2027. Le gouvernement pourrait procéder à une nouvelle émission obligataire et étudie la possibilité de diversifier les devises utilisées, notamment avec un éventuel recours au yuan chinois, au-delà du traditionnel dollar américain.
Cette stratégie de financement s’inscrit dans un contexte d’amélioration attendue des comptes publics. Le gouvernement angolais prévoit que le ratio dette publique/PIB, incluant la dette détenue par les entreprises publiques, reculera à 48 % à fin 2027, contre 54 % à la fin du deuxième trimestre 2026.
Les autorités poursuivent parallèlement leurs efforts pour élargir l’assiette fiscale. La réduction des dépenses publiques demeure toutefois plus difficile à mettre en œuvre, alors que le gouvernement souhaite maintenir les investissements dans des secteurs jugés prioritaires, notamment la production et le transport d’électricité, l’accès à l’eau et les infrastructures de transport.
La politique budgétaire reste fortement influencée par la situation du secteur pétrolier. L’Angola entend maintenir sa production au-dessus de 1 million de barils par jour. Celle-ci s’établissait en moyenne à 1,04 million de barils par jour à la fin du deuxième trimestre 2026, même si les autorités anticipent une production légèrement inférieure en 2027.
Le gouvernement devrait également relever son hypothèse de prix du pétrole retenue pour la préparation du budget 2027, actuellement fixée à 61 dollars le baril, tout en conservant une approche jugée prudente dans ses projections.
Sur le front des subventions, l’Angola ne devrait pas supprimer les aides aux carburants au cours des douze prochains mois. Le gouvernement privilégie dans l’immédiat la sécurisation de l’approvisionnement et le renforcement des transferts monétaires destinés aux ménages vulnérables.
Par Amhed Coulibaly


