La Direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique (DGTCP), à travers sa Direction des assurances, a ouvert, ce mercredi 15 juillet 2026 à Ouagadougou, une session de renforcement des capacités destinée aux organes dirigeants des compagnies d’assurances. Prévue sur trois jours, jusqu’au 17 juillet, cette formation porte sur l’articulation entre le Code CIMA et l’Acte uniforme révisé relatif au droit des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt économique (AUSCGIE) en matière de gouvernance.
L’initiative s’attaque à une problématique jugée structurante pour le secteur, à savoir la coexistence, parfois source de divergences d’interprétation, entre le cadre réglementaire de la Conférence interafricaine des marchés d’assurances (CIMA) et les dispositions du droit OHADA applicables aux sociétés commerciales.
La formation vise à clarifier les obligations respectives du Conseil d’administration, de la Direction générale et du Commissaire aux comptes, tout en identifiant les zones de recoupement ou de contradiction entre les deux corpus juridiques.
Le programme s’articule autour de trois axes : le cadre juridique et institutionnel de la gouvernance lors de la première journée ; le rôle des organes de direction et de contrôle lors de la deuxième ; puis les mécanismes de contrôle interne, de gestion des risques et de traitement des contentieux au cours de la dernière journée. Au-delà de la simple mise à niveau réglementaire, les organisateurs entendent formuler des recommandations concrètes afin de renforcer les pratiques de gouvernance dans l’espace CIMA.
Un public ciblé parmi les décideurs du secteur
Les administrateurs de compagnies d’assurances, les commissaires aux comptes agréés par la CIMA, les directeurs généraux et directeurs financiers, ainsi que les responsables de l’audit et du contrôle interne figurent parmi les principaux bénéficiaires de cette session, aux côtés des représentants des autorités de supervision.

L’animation de la formation a été confiée à Adama Ndiaye, directeur général de la Société sénégalaise de réassurance (SEN-RE), qui totalise plus de trente années d’expérience dans le secteur de l’assurance en Afrique.
Selon la directrice des assurances, Djénéba Dao, qui prononçait le discours du ministre de l’Économie et des Finances, cette formation s’inscrit dans la dynamique de refondation institutionnelle engagée par le Burkina Faso. À l’entendre, aucune ambition de souveraineté économique ne peut s’appuyer durablement sur des structures de contrôle fragiles ou sur des responsabilités insuffisamment définies au sein des entreprises.
Elle a également insisté sur le rôle systémique du secteur de l’assurance dans la protection des ménages, l’accompagnement des investissements et la mobilisation de l’épargne, pour justifier l’exigence d’une gouvernance rigoureuse.
« L’histoire économique mondiale nous enseigne que les plus grandes crises financières ont souvent trouvé leur origine dans des défaillances de gouvernance, des insuffisances de contrôle ou des conflits d’intérêts insuffisamment maîtrisés », a-t-elle déclaré, plaidant pour des dispositifs de gestion des risques conçus non comme une contrainte, mais comme un véritable levier de création de valeur.
Selon elle, « la coexistence du Code CIMA et de l’Acte uniforme OHADA impose aux organes sociaux une parfaite maîtrise de leurs responsabilités respectives ». C’est pourquoi, a poursuivi la directrice des assurances, l’objectif est de faire de la gouvernance une véritable marque de fabrique plutôt qu’une simple exigence de conformité.
« L’époque où l’on pouvait se satisfaire d’une gouvernance de façade est révolue. Le Burkina Faso a besoin d’institutions fortes, crédibles et exemplaires », a-t-elle martelé.

Mme Dao a par ailleurs appelé les administrateurs, dirigeants et auditeurs du secteur à exercer leurs fonctions avec indépendance et rigueur.
« La bonne gouvernance n’est pas un coût. Elle est un investissement dans la confiance. Et la confiance demeure la richesse la plus précieuse d’une société d’assurances », a conclu Djénéba Dao.
Par Léon Yougbaré


