Après plus d’un an de ralentissement continu des prix, le Ghana fait face à un regain de l’inflation. En mai 2026, l’indice général des prix à la consommation a progressé à 3,7 %, contre 3,4 % un mois plus tôt, selon les données du Service statistique du Ghana. Il s’agit du deuxième mois consécutif de hausse, un signal qui pourrait pousser la Banque du Ghana à maintenir sa prudence monétaire lors de sa prochaine réunion de politique monétaire prévue en juillet.
Cette remontée intervient alors que le pays avait réussi à faire chuter son inflation de 18,4 % en mai 2025 à des niveaux historiquement bas. Bien que le taux actuel demeure largement inférieur à la cible de la banque centrale, comprise entre 6 % et 10 %, l’évolution récente des prix suscite de nouvelles inquiétudes.
La principale source de pression provient de l’alimentation. L’inflation des produits alimentaires et des boissons non alcoolisées est passée de 2,2 % en avril à 3,3 % en mai. Les prix de certains produits de base, notamment les tomates fraîches, ont fortement augmenté en raison d’une baisse saisonnière de la production agricole. À cela s’ajoutent des perturbations dans les échanges commerciaux avec le Burkina Faso, qui ont contribué à réduire l’offre disponible sur le marché ghanéen.
Les dépenses liées au logement, à l’eau et à l’énergie continuent également de peser sur le coût de la vie. Dans cette catégorie, les prix ont augmenté de 11,8 % sur un an. Les prix des biens n’ont progressé que de 1,4 %, tandis que ceux des services affichent une hausse de 9,9 %.
En mai 2026, les données révèlent des disparités importantes au sein de l’économie ghanéenne. Les produits locaux continuent d’exercer la plus forte pression inflationniste. Ils représentent près de 68,5 % du panier de consommation et enregistrent une hausse des prix de 5 % sur un an, contre seulement 0,9 % pour les biens importés. Cette différence reflète à la fois l’amélioration relative du cedi et l’atténuation des tensions sur les marchés internationaux. Elle montre également que l’inflation importée pèse aujourd’hui moins sur l’économie ghanéenne qu’au cours des années précédentes.
Par Leila Toé


