Le Fonds Monétaire International (FMI) a approuvé le décaissement de 90 millions de dollars, soit environ 51 milliards FCFA, en faveur du Bénin, à l’issue de la sixième revue du programme mixte appuyé par le Mécanisme élargi de crédit (MEC) et la Facilité élargie de crédit (FEC), ainsi que de la troisième revue de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FSR). Cette décision reflète des performances jugées solides par l’institution de Bretton Woods. Le montant comprend environ 20,52 milliards FCFA (36 millions de dollars) au titre du MEC/FEC et environ 30,78 milliards FCFA (54 millions de dollars) pour le volet FSR. Depuis son approbation en juillet 2022 et son extension en décembre 2023, le programme a déjà permis au pays de bénéficier d’un appui global estimé à 623 millions de dollars, équivalant à plus de 355,11 milliards FCFA.
L’économie béninoise affiche une résilience remarquable ces cinq dernières années. En 2024, la croissance s’est hissée à 7,5 %, soit son plus haut niveau historique. Ce dynamisme, soutenu par les investissements industriels et les projets d’infrastructure, se reflète aussi dans les perspectives à moyen terme, qui demeurent positives. Cependant, le compte courant a connu une dégradation temporaire, notamment en raison des dépenses liées à la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ). Le FMI table sur une amélioration progressive grâce à l’essor attendu des exportations issues des zones économiques spéciales et à une réduction des déficits de services.
Le Bénin s’est rapproché en 2024 de la norme de 3 % de déficit budgétaire fixée par l’UEMOA, avec une année d’avance. Le budget 2025 poursuit cette orientation, avec un cap maintenu sur la consolidation budgétaire, dans le cadre de la Stratégie de recettes à moyen terme. À ce titre, la politique fiscale reste axée sur le renforcement du recouvrement et la maîtrise des dépenses, tandis que la gestion de la dette privilégie un rééquilibrage progressif vers le marché intérieur, afin de réduire l’exposition aux risques extérieurs. Par ailleurs, la consolidation du registre social et la cartographie des filets de sécurité sociale constituent des priorités pour un meilleur ciblage des aides destinées aux ménages vulnérables.
Sur le plan environnemental, les autorités béninoises ont adopté de nouvelles réglementations pour mieux encadrer la gestion des ressources en eau, la construction durable et les énergies renouvelables. Une révision tarifaire du secteur électrique a également été opérée, dans le but de renforcer la viabilité des opérateurs publics. Le FMI a ainsi salué ces avancées, tout en appelant à une accélération des réformes dans le cadre de la Facilité pour la résilience et la durabilité. Le pays élabore actuellement une taxonomie climatique, en lien avec les engagements de la COP29 et les conclusions de la table ronde sur le financement climatique tenue en 2024, afin de catalyser les financements privés pour l’action climatique.
Par Léon Yougbaré


