La Banque ouest-africaine de développement (BOAD) a approuvé 935,8 milliards FCFA de financements en 2025, dernière année de mise en œuvre de son plan stratégique quinquennal Djoliba 2021-2025. Ce montant est en léger recul par rapport aux 939,4 milliards FCFA approuvés en 2024, mais il porte le cumul du plan à 3 765,7 milliards FCFA, contre une prévision initiale de 3 351,5 milliards FCFA, soit un taux de réalisation de 112,3 %.
La Banque ouest-africaine de développement (BOAD) a poursuivi ses activités de financement de l’économie sous-régionale au cours de l’année 2025, confirmant son rôle central dans l’accompagnement de la dynamique économique de la région. Les prêts à moyen et long terme constituent l’essentiel de l’activité de la Banque en 2025, avec 732,78 milliards FCFA, soit 78,3 % du total des approbations. Ces financements sont destinés aux investissements structurants dans les infrastructures, l’énergie et l’agriculture, des secteurs dont la rentabilité nécessite des maturités longues.
Les prêts à court terme, à hauteur de 155 milliards FCFA, représentant 16,6 % du total, couvrent quant à eux les besoins de trésorerie liés aux campagnes agricoles du coton, du cacao et de la noix de cajou, tandis que les garanties, pour 20,7 milliards FCFA (2,2 %), sécurisent les investissements dans les secteurs productifs.
Les prises de participation, d’un montant de 20,6 milliards FCFA, ont servi à renforcer les fonds propres des banques et des entreprises stratégiques de l’Union. Enfin, les études de préparation de projets ont mobilisé 6,77 milliards FCFA.
Plusieurs secteurs financés, le transport, les technologies et l’énergie en tête
Sur le plan sectoriel, le Transport et les technologies de l’information et de la communication, ainsi que l’Énergie et les ressources naturelles, concentrent l’essentiel des financements, avec respectivement 269,9 milliards FCFA et 269,2 milliards FCFA, soit près de 58 % du total.
L’Agriculture et la Sécurité alimentaire ont mobilisé 162,4 milliards FCFA, soit 17 % des engagements. Ces financements confirment la volonté de la Banque d’accompagner les objectifs de souveraineté alimentaire des États membres.
La répartition par type d’emprunteur montre un rééquilibrage notable en 2025. En effet, la part allouée aux entités non souveraines, notamment les entreprises publiques et privées, est passée à 44,5 % (416,2 milliards FCFA), contre 27,5 % en 2024 (259,6 milliards FCFA).
Sur l’ensemble du cycle 2021-2025, le ratio moyen entre financements souverains et non souverains reste toutefois de 63/37, reflétant la priorité accordée aux besoins des États. En 2025, 64 projets ont été financés au total, dont 36 projets souverains pour 519,62 milliards FCFA, 4 projets d’entreprises publiques pour 120 milliards FCFA et 24 projets d’entreprises privées pour 296,22 milliards FCFA.
Les prêts directs, destinés au financement de projets structurants portés par des entités publiques et privées, ont représenté 91,3 % de l’activité de la Banque, soit 852,8 milliards FCFA. Les prêts indirects, sous forme de lignes de refinancement, ont totalisé 35 milliards FCFA, soit 3,75 % du total.
Un changement d’échelle sur la dernière décennie
L’analyse des financements cumulés de la Banque depuis sa création met en évidence une accélération marquée. Il avait fallu près de quatre décennies, de 1976 à 2014, pour atteindre un cumul de 3 338 milliards FCFA. En une décennie seulement, entre 2015 et 2025, ce volume a presque triplé, la Banque approchant le seuil des 10 000 milliards FCFA de financements cumulés.
Sur les cinq dernières années, plus de 3 300 milliards FCFA ont été approuvés, un montant équivalent à l’ensemble des engagements cumulés entre 1976 et 2014. La progression entre 2023 et 2025, soit 1 873 milliards FCFA supplémentaires en deux ans, démontre une capacité de mobilisation de ressources inédite pour la Banque.
Avec un effet de levier estimé à environ 2,16 à fin décembre 2025, la BOAD a permis de drainer dans la région des investissements additionnels de cofinanceurs, emprunteurs compris, d’un montant total d’environ 21 087 milliards FCFA. La Banque a par ailleurs consacré 2 604,1 milliards FCFA, soit 26,7 % de ses financements cumulés, à des projets d’envergure régionale, en cohérence avec sa mission d’intégration des économies de l’UEMOA.
Des décaissements en nette progression
Les décaissements de l’année 2025 s’élèvent à 698,5 milliards FCFA, hors dons, contre 383,1 milliards FCFA en 2024, soit une hausse de 82 %. Cette progression résulte de la mise en œuvre des recommandations d’une task force dédiée aux décaissements, avec un meilleur suivi et une organisation plus efficace du circuit correspondant.
Le taux de décaissement annuel s’établit ainsi à 23,7 % en 2025, contre 16 % en 2024, tandis que le taux de décaissement cumulé, rapportant les décaissements cumulés de 6 578,6 milliards FCFA aux financements cumulés de 9 766 milliards FCFA, atteint 67,4 %.
Par Léon Yougbaré


