BOAD : en 2024, la Banque a multiplié les initiatives visant à muscler ses capacités de financement pour soutenir la résilience et la transformation des économies ouest-africaines

En 2024, la Banque Ouest-Africaine de Développement (BOAD) a franchi un nouveau cap dans sa stratégie de mobilisation de ressources en vue d’accompagner, avec plus de vigueur, les transformations économiques attendues dans l’espace UEMOA. À travers des instruments innovants, un renforcement significatif de ses fonds propres et une diversification stratégique de ses partenaires, l’institution consolide sa place de catalyseur du développement régional.

Ainsi, au terme de l’exercice 2024, elle a fait approuver par son Conseil d’administration des concours financiers d’un montant cumulé de 908,8 millions d’euros, soit environ 596,1 milliards FCFA. Deux conventions majeures ont par ailleurs été conclues : l’une avec la Banque de développement du Canada (BDC) pour 150 millions d’euros (98,4 milliards FCFA), l’autre avec SocGen/HSBC pour 385,3 millions d’euros (252,7 milliards FCFA), portant à 535,3 millions d’euros, soit 351,1 milliards FCFA, le volume global des ressources contractualisées. Sur le plan des décaissements, la Banque a tiré 349,6 millions d’euros, soit 229,3 milliards FCFA, sur les lignes déjà disponibles.

Dans un contexte de fortes pressions budgétaires pour les États membres, la BOAD a pu maintenir son soutien aux projets structurants à travers les ressources de bonification. Celles-ci ont été renforcées à hauteur de 28 milliards FCFA par les institutions communautaires (Commission UEMOA, BCEAO et BOAD elle-même) ainsi que par les États membres, portant le cumul de ces ressources à 275,15 milliards FCFA depuis 2016.

La Banque a, en outre, intensifié sa diplomatie économique avec la conduite de plusieurs missions de haut niveau à l’international. L’objectif affiché est de diversifier ses partenaires et capter des financements concessionnels ou innovants dans des domaines aussi stratégiques que la résilience climatique, la transformation digitale ou la prévention des catastrophes naturelles. Parmi les dispositifs déployés figurent le Fonds d’études Climat, les Prêts Adaptés aux Catastrophes Naturelles (PACAN) et le Fonds pour la Transformation Digitale (FTD). La BOAD a également multiplié les échanges avec des institutions de financement internationales telles que Turkey Eximbank, US EXIM, KOICA, USTDA, Affaires mondiales Canada, ou encore le Fonds Saoudien de Développement, consolidant ainsi la confiance de ses partenaires grâce à la solidité de sa notation financière.

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Dans le cadre de son projet PENINSULA, destiné à renforcer ses fonds propres de 900 millions USD (554,35 milliards FCFA), la Banque a enregistré une montée en puissance des souscriptions de ses actionnaires. À fin 2024, 116 milliards FCFA avaient déjà été libérés, avec un reste à mobiliser de 218,7 milliards FCFA d’ici 2028. Un espace de souscription de 114,25 milliards FCFA reste également ouvert aux investisseurs non régionaux. Parallèlement, la BOAD a continué de s’appuyer sur le marché des dettes hybrides avec une deuxième opération de 100 millions d’euros (65,59 milliards FCFA), réalisée en août 2024 via un placement privé avec la Caisse des Dépôts et Placements (CDP), après une première levée de fonds similaire avec la BADEA en 2023.

Sur le front de la titrisation, l’institution a engagé une nouvelle opération d’un montant de 150 milliards FCFA, dans une logique d’optimisation de bilan selon l’approche originate to distribute, permettant ainsi d’accroître la rotation de ses actifs et de libérer des marges pour de nouveaux financements. Autre innovation notable : la souscription par la BOAD d’une police d’assurance de type portefeuille couvrant pour la première fois des créances non souveraines, à hauteur de 100 millions d’euros, soit 65 milliards FCFA, auprès d’ATIDI, acteur multilatéral panafricain. Ce mécanisme porte à 400 milliards FCFA le total des prêts assurés, soit 15 % de l’encours global. L’enjeu est clair : améliorer le profil de risque de la Banque et maximiser sa capacité d’intervention.

Par Léon Yougbaré

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