jeudi 19 février 2026

Botswana : une participation locale obligatoire de 24 % dans les nouvelles concessions minières

Le Botswana enclenche une nouvelle reforme pour son secteur minier. Depuis le 1ᵉʳ octobre 2025, toute nouvelle concession attribuée dans le pays devra désormais réserver une participation de 24 % aux investisseurs locaux, dans le cas où l’État déciderait de ne pas exercer ses droits de propriété.

Cette directive, introduite dans le cadre des amendements à la loi sur les mines et les minéraux, marque un tournant stratégique. Jusqu’ici, le gouvernement botswanais pouvait acquérir jusqu’à 15 % de participation dans tout nouveau projet minier, avec la possibilité de négocier davantage dans le domaine diamantifère. Désormais, si l’État choisit de se retirer, le relais sera pris par les acteurs privés nationaux, à hauteur d’un quart du capital.

Selon le ministère des Minéraux et de l’Énergie, cette réforme s’inscrit dans la volonté du pays de s’assurer que ses ressources naturelles soutiennent directement la croissance nationale. Le gouvernement souhaite ainsi favoriser la participation des citoyens à la richesse minière, tout en incitant les entreprises à investir dans la transformation locale et à renforcer leurs engagements en matière de réhabilitation environnementale.

Premier producteur mondial de diamants en valeur, le Botswana cherche depuis plusieurs années à diversifier son portefeuille minier. Le pays attire de plus en plus d’investissements dans les projets de cuivre, de nickel et de charbon. L’introduction de la règle des 24 % de participation locale s’inscrit dans une tendance régionale marquée par un regain de nationalisme des ressources. De la Tanzanie au Zimbabwe, plusieurs pays africains renforcent les exigences de participation nationale dans les sociétés minières, afin de mieux redistribuer la valeur créée.

Lors des débats parlementaires précédant l’adoption du texte, l’ancien ministre des Mines avait indiqué que les investisseurs locaux pourraient s’appuyer sur les fonds de pension nationaux pour financer leurs participations. Une mesure qui devrait stimuler les marchés de capitaux domestiques et accroître le rôle des investisseurs institutionnels dans le développement du secteur.

Pour plusieurs analystes, le modèle botswanais se distingue par son équilibre : il renforce la souveraineté économique tout en préservant l’attractivité du pays pour les investisseurs étrangers. Une approche pragmatique qui confirme la position du Botswana comme référence en matière de gouvernance minière sur le continent africain.

Par Drissa Ouattara

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