BRVM Investment Days 2026 : Dr Constantin Dabiré, PDG de la SA2IF, plaide pour la mise en place des mécanismes innovants pour financer les infrastructures et dynamiser les marchés africains

À l’occasion des BRVM Investment Days 2026, tenus le mardi 21 avril à New York (USA), Dr Constantin Dabiré, Président-directeur général (PDG) de la Société africaine d’ingénierie et d’intermédiation financière (SA2IF), a livré une analyse sans détour sur les défis structurels qui freinent le financement des infrastructures en Afrique.

Le panel de haut niveau, modéré par Damian Sassower, stratège en chef sur les marchés obligataires émergents chez Bloomberg Intelligence, avait pour thème « Financement à long terme en Afrique : institutions de financement du développement, banques de développement et marchés de capitaux ». Il a été animé par d’éminentes personnalités du monde de la finance, dont Dr Constantin Dabiré, PDG de la SA2IF, Oulimata Ndiaye Diassé, directrice générale de UMOA-Titres, Carole N’Dia, directrice des services clients institutionnels chez Hudson & Cie, Roman Fuzaylov, co-gérant de portefeuille chez Helios Seven Rivers Fund, Zain Shamim, directeur Private Equity à la U.S. International Development Finance Corporation, et Joan Feldbaum-Vidra, directrice générale senior, responsable des notations souveraines à Kroll Bond Rating Agency.

Les panélistes

Dans son intervention, le PDG de la SA2IF a défendu deux initiatives régionales susceptibles de transformer en profondeur la donne.

Le constat posé par Dr Dabiré est celui d’une équation restée sans résolution satisfaisante depuis des décennies. L’Afrique accuse, selon lui, un besoin annuel en infrastructures estimé à quelque 200 milliards de dollars, dont moins de la moitié est effectivement financée. Un écart criant qui, à ses dires, appelle des réponses structurées, au-delà des instruments traditionnels que sont les banques de développement et les fonds d’investissement.

Ces derniers, souligne-t-il, interviennent généralement en phase d’exploitation, là où les projets dégagent déjà une rentabilité visible, occultant de fait la phase amont, celle des études de faisabilité et des premières années de construction, qui concentre pourtant l’essentiel des besoins en capital et en ingénierie. « Et nos banques privées n’ont pas forcément toujours cette expertise, ce savoir-faire pour pouvoir accompagner les projets dans cette phase », a insisté Constantin Dabiré.

Dr Constantin Dabiré, PDG de la SA2IF

Face à ce vide, le PDG de la SA2IF a mis en lumière l’essor, depuis le début des années 2000 et plus significativement entre 2018 et 2020, des caisses de dépôts et de consignations (CDC) au Burkina Faso, au Niger et en Côte d’Ivoire notamment. Ces institutions, qu’il qualifie de « tiers de confiance », se positionnent pour lui comme de véritables banques d’infrastructures, capables d’accompagner les projets dès leur phase de développement, de prendre des participations au capital de sociétés de projet et de lever des ressources directement sur les marchés financiers.

Une architecture que les banques privées, contraintes dans leurs ratios de liquidité et limitées en ressources humaines spécialisées, ne sont structurellement pas en mesure de proposer. « Pour moi, c’est une très belle initiative (CDC, ndlr) qu’il faut saluer, même si elle a été faite au niveau des pays pris individuellement. Mais elle contribue non seulement au développement des infrastructures, mais également au développement de notre marché », a-t-il déclaré.

À l’échelle régionale, Dr Dabiré a appelé à capitaliser sur la création d’un compartiment dédié aux matières premières au sein du marché financier régional, qu’il présente comme un « compartiment d’avenir ». L’idée centrale est de rapatrier sur le marché régional la cotation de produits comme le coton ou l’or, aujourd’hui valorisés sur des places étrangères telles que Londres.

En attirant des investisseurs internationaux spécialisés dans les commodités et en incitant les sociétés minières opérant dans la zone à se coter localement pour lever leurs ressources, ce mécanisme pourrait, de son point de vue, diversifier substantiellement la base des investisseurs, améliorer la capitalisation boursière de la BRVM et renforcer la profondeur d’un marché encore jeune.

Le PDG Dabiré a également insisté sur un maillon souvent négligé de la chaîne de financement : la structuration des projets. Il a estimé que le vrai problème n’est pas tant l’absence de liquidités que l’insuffisance d’ingénierie financière en amont, celle qui permet de rendre un projet « bancable » et d’en susciter l’appétence auprès des investisseurs.

Photo de famille

Dans sa communication, il a souligné que le recours au partenariat public-privé (PPP), déjà bien ancré dans les pratiques, ne suffit plus à lui seul. Il doit, selon lui, s’articuler avec une ingénierie de projet plus sophistiquée pour mobiliser des financements à la hauteur des enjeux.

Par Léon Yougbaré

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