Le Premier ministre Rimtalba Emmanuel Jean Ouédraogo a présidé, le jeudi 31 juillet 2025, la 26e session des Établissements Publics de l’État (EPE). Cet événement annuel, organisé sans interruption depuis l’an 2000, constitue un cadre stratégique d’évaluation, de redevabilité et de pilotage de ces établissements publics.
Placée sous le thème « L’apport de la comptabilité des matières dans la gestion efficiente du patrimoine des Établissements Publics de l’État dans un contexte de rareté des ressources », cette session marque la volonté du gouvernement de renforcer la gouvernance matérielle de l’État, dans une logique d’économie, de transparence et de performance.
Selon le chef du gouvernement, Rimtalba Emmanuel Jean Ouédraogo, une bonne tenue de la comptabilité des matières, dotée d’outils adaptés et assurée par des professionnels compétents, constitue un levier stratégique pour rationaliser les dépenses publiques, optimiser l’utilisation des biens de l’État et réorienter les ressources vers des programmes à fort impact social.
Ainsi, ce thème appelle à créer les conditions d’une meilleure performance des établissements publics, tant sur le plan socio-économique qu’en termes de qualité de service et d’efficience de gestion.
109 établissements concernés
Les travaux de cette session portent sur l’analyse des rapports de gestion et des états financiers de 109 établissements publics, toutes catégories confondues, contre 104 en 2023. Cette hausse reflète une meilleure couverture, bien qu’elle s’inscrive à contre-courant des recommandations de rationalisation du nombre d’EPE.
Parmi ces entités, 91 établissements (hors Fonds Nationaux) ont fait l’objet d’une analyse financière détaillée. Pour l’exercice 2024, leurs recettes totales, y compris les subventions, s’élèvent à 472,159 milliards de FCFA, contre 430,465 milliards en 2023, soit une hausse de 9,69 %. Le taux d’exécution budgétaire est estimé à 110,96 %, en léger recul par rapport à 2023 où l’on enregistrait 117,98 %. Du côté des dépenses budgétaires, elles s’élèvent à 384,908 milliards de FCFA, contre 355,347 milliards l’année précédente, soit une progression de 8,32 %, pour un taux d’exécution de 76,62 %.
D’autres évolutions significatives sont à noter dans la structure des dépenses et des indicateurs de gestion. Les charges de fonctionnement se sont élevées à 13,279 milliards de FCFA, enregistrant une hausse de 4,28 % par rapport à l’exercice précédent. Les dépenses d’investissement ainsi que les remboursements d’emprunts ont atteint 9,136 milliards de FCFA, soit une progression marquée de 34,88 %. La masse salariale, hors personnel intérimaire, s’est chiffrée à 204,467 milliards de FCFA, en augmentation de 2,69 %. Cette évolution accompagne une croissance des effectifs, passés de 22 237 agents en 2023 à 23 271 en 2024. La dette globale des EPE s’est fortement accrue pour atteindre 47,140 milliards de FCFA, contre 29,252 milliards en 2023, soit une hausse de 61,15 %. Enfin, le solde de trésorerie s’est établi à 142,069 milliards de FCFA, contre 118,940 milliards un an plus tôt, marquant une progression de 19,86 %.
Fonds Nationaux
Au nombre de 18, les Fonds Nationaux (FN) présentent une dynamique comparable. Le montant total des recettes (y compris subventions) atteint 335,792 milliards de FCFA, contre 275,468 milliards en 2023, soit une hausse de 21,90 %. Le taux d’exécution s’améliore également, passant de 70,49 % en 2023 à 86,05 % en 2024. Les dépenses budgétaires progressent de 20,87 %, atteignant 212,769 milliards de FCFA contre 176,028 milliards en 2023, pour un taux d’exécution de 54,53 %.
Cependant, plusieurs indicateurs enregistrent une tendance à la baisse en 2024. Les financements accordés par les Fonds Nationaux s’établissent à 124,152 milliards de FCFA, contre 125,452 milliards en 2023, ce qui représente une baisse de 1,04 %. Le solde de trésorerie connaît également un recul significatif, passant de 118,969 milliards de FCFA en 2023 à 87,142 milliards de FCFA en 2024, soit une diminution de 26,75 %.
Par ailleurs, d’autres signaux d’alerte méritent l’attention. Le niveau des impayés, correspondant aux crédits échus non remboursés, atteint 54,435 milliards de FCFA, en hausse de 13,52 % par rapport aux 47,953 milliards de l’année précédente.
De même, la dette totale des Fonds Nationaux s’élève à 36,374 milliards de FCFA, contre 16,054 milliards en 2023, soit une augmentation marquante de 126,57 %.
Au-delà des résultats positifs, le Premier ministre a rappelé l’importance d’utiliser les ressources disponibles de manière plus efficiente, dans un contexte de contraintes budgétaires et de besoins sociaux croissants. Car l’enjeu est de taille. Il s’agit, en effet, de réduire la pauvreté, d’améliorer les services publics et d’atteindre les objectifs socio-économiques à moindre coût.
Au titre des recommandations, plusieurs orientations clés visant à renforcer la gouvernance et l’efficacité des Établissements Publics de l’État ont été données. Il s’agit notamment de l’adoption des rapports de gestion et des états financiers 2024 des 109 EPE, de la poursuite des efforts de rationalisation des structures publiques, ainsi que de l’amélioration continue de la qualité des services rendus aux citoyens. Et pour ce faire, la comptabilité matière, à laquelle le thème est consacré, devrait contribuer significativement à l’amélioration de ces performances.
Par Leila Toé


