Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération régionale et des Burkinabè de l’Extérieur, Karamoko Jean-Marie Traoré, a présidé, ce jeudi 13 mars 2025, la revue annuelle 2025 du Cadre sectoriel de dialogue gouvernance économique (CSD-GE) à Ouagadougou. Cette rencontre a réuni des acteurs de plusieurs institutions du pays ainsi que les Partenaires techniques et financiers (PTF). L’ordre du jour soumis aux participants portait sur l’examen et l’adoption du rapport de performance de l’année 2024, ainsi que sur le plan d’action pour la stabilisation et le développement du secteur de la gouvernance économique pour la période 2025-2027. Les discussions ont également porté sur la contribution du secteur à l’élaboration du référentiel national de développement post-2025.
Selon le ministre Karamoko Jean-Marie Traoré, des résultats satisfaisants ont été atteints en 2024, malgré un contexte difficile. Il en ressort un taux d’exécution physique de 82,20 % et un taux d’exécution financière de 56,9 %.
Dans le cadre des actions visant à assécher les sources de financement des groupes armés, le chef de la diplomatie burkinabè a souligné que sept opérations conjointes ont permis de démanteler des circuits informels de commercialisation de motos et de produits pétroliers. En chiffres, 912 engins ont été saisis, dont 71 véhicules à quatre roues, 95 tricycles et 746 motos, ainsi que 46 600 litres de carburant. « Concernant la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, des contrôles ont été effectués sur les réseaux de transfert informel d’argent. Une liste de personnes physiques et morales identifiées comme exerçant des activités de transfert d’argent illégal et de change manuel a été établie », a-t-il ajouté, précisant que la liste nationale des personnes suspectées de terrorisme a été mise à jour, permettant ainsi le gel de leurs avoirs.
Par ailleurs, des actions en réponse à la crise humanitaire se sont poursuivies sur le terrain en 2024. Ainsi, plusieurs réalisations et dotations ont bénéficié aux localités accueillant des Personnes déplacées internes (PDI), notamment 58 forages, 61 points d’eau autonomes, six ambulances, 7 805 table-bancs, 2 381 kits de manuels et de fournitures scolaires, ainsi que 10 magasins de stockage de produits agricoles.

D’autres initiatives ont été menées en faveur de l’employabilité des jeunes et des femmes. À ce titre, 2 576 projets de jeunes, dont 1 201 portés par des filles, ont bénéficié de financements du fonds Faso Kuna-Wili (FKW). De plus, des formations en entrepreneuriat et en techniques de recherche d’emploi ont été dispensées à 2 582 jeunes, dont 1 068 femmes. « Dans le domaine de l’informatisation du cadastre foncier national, 218 679 références cadastrales ont été numérisées, 1 623 897 propriétaires de droit réel identifiés et 206 354 parcelles évaluées dans l’e-cadastre », s’est-il félicité.
Par ailleurs, la mobilisation des ressources au profit du budget de l’État s’est améliorée de 215 milliards FCFA par rapport à 2023, atteignant 2 769,18 milliards FCFA, soit un taux d’exécution de 93 %. Quant aux collectivités territoriales, elles ont bénéficié de 48,18 milliards FCFA de ressources mobilisées. Concernant la gestion de ces ressources, le président de la séance a indiqué que des avancées significatives ont été réalisées, notamment la rationalisation des dépenses publiques, la mise en place de systèmes intégrés de gestion des baux administratifs, l’élaboration du budget citoyen, la réduction des plaintes dans la passation des marchés publics et la mise en place en cours du guichet unique des marchés publics.

Au vu de ces résultats, les PTF, par la voix de leur chef de file, Hamoud Abdel Wedoul Kamil, ont salué les efforts du gouvernement dans la mise en œuvre du plan d’actions pour la stabilisation et le développement du secteur de la planification « gouvernance économique ». Toutefois, ils ont relevé le recul du taux d’exécution financière, passé de 58,80 % en 2023 à 56,9 % en 2024. « Cela souligne l’importance cruciale d’identifier et de résoudre les contraintes liées à la capacité de prestation aux niveaux sectoriel et déconcentré », a insisté Hamoud Abdel Wedoul Kamil, par ailleurs représentant résident de la Banque mondiale au Burkina Faso. Reconnaissant le rôle des collectivités territoriales dans la mobilisation sociale, la cohésion et la fourniture de services publics, les PTF suggèrent aux autorités d’inclure les résultats des services déconcentrés dans le plan d’action 2025-2027.
Par Léon Yougbaré




