Burkina/ Énergie : la consommation poursuit sa progression avec 1 313,65 GWh vendus au second trimestre 2025

Les chiffres du ministère de l’Énergie, des Mines et des Carrières, arrêtés au second semestre 2025, dressent un tableau contrasté du secteur électrique burkinabè. D’une part, une production nationale en progression notable et une consommation en expansion ; d’autre part, une dépendance accrue aux importations, qui représentent désormais plus de la moitié de l’énergie disponible.

La production nationale d’électricité a atteint 724,55 GWh au second semestre 2025, contre 656,58 GWh à la même période en 2024, soit une progression de 10,35 %. Ce résultat, bien qu’inférieur aux 930,98 GWh enregistrés au premier semestre de la même année, confirme une tendance haussière de la capacité de production nationale.

Selon les chiffres du ministère, le parc de production s’est également étoffé, passant de 49 à 54 centrales en service entre les deux semestres, avec notamment la remise en exploitation des centrales thermiques de Diapaga et de Zabré, ainsi que l’entrée en service, en août 2025, d’une centrale solaire de 6,12 MWc à Dori.

Les statistiques du département montrent que la structure du mix énergétique burkinabè est dominée par les centrales thermiques, qui assurent 69,62 % de la production nationale au second semestre 2025, en hausse par rapport aux 61,01 % enregistrés un an plus tôt. Les énergies renouvelables, hydraulique et solaire confondues, représentent 30,38 % de la production nationale.

Sur le plan des capacités installées, la puissance nominale totale s’établit à 684,39 MW, dont 34,19 % d’origine solaire et 5,06 % d’origine hydroélectrique. Les centrales thermiques concentrent 60,76 % de cette puissance installée, dont 80,94 % sous le contrôle de la SONABEL.

Forte hausse des importations : le Ghana en position dominante

Les importations d’électricité au second semestre 2025 ont atteint 808,15 GWh, contre 696,04 GWh au second semestre 2024, soit une progression de 16,10 %. Elles représentent désormais 52,73 % de l’énergie totale disponible, qui s’est établie à 1 532,70 GWh, en hausse de 13,31 % sur un an.

Le Ghana s’impose comme le principal fournisseur du Burkina Faso, assurant 76,51 % des importations avec 618,32 GWh acheminés sur le réseau national. La Côte d’Ivoire contribue à hauteur de 185,59 GWh, tandis que le Togo complète le tableau avec 4,25 GWh.

Une consommation en expansion, portée par de nouveaux abonnés

Les chiffres du département révèlent que la demande intérieure suit une trajectoire ascendante. En effet, l’énergie électrique vendue a atteint 1 313,65 GWh au second semestre 2025, contre 1 175 GWh un an plus tôt, soit une hausse de 11,80 %. La SONABEL en assure l’essentiel avec 1 311,91 GWh, les coopératives d’électricité rurales (COOPEL) couvrant le solde de 1,74 GWh.

Cette dynamique de consommation est alimentée par un élargissement continu de la base d’abonnés. Sur la période, 49 906 nouveaux raccordements ont été réalisés, dont 46 251 par la SONABEL et 3 655 via les COOPEL, contre 45 230 au second semestre 2024. Une progression de 10,34 % qui témoigne des efforts d’électrification.

En outre, le taux moyen de disponibilité des grandes centrales thermiques s’est établi à 58,57 % au second semestre 2025, accusant une baisse de 22,41 points de pourcentage par rapport à la même période de 2024. En clair, ce sont, en moyenne, un peu plus de quatre centrales sur dix qui sont indisponibles à un moment donné, que ce soit pour maintenance, panne ou révision.

En revanche, le taux moyen d’utilisation des grandes centrales thermiques ressort à 17,34 %, en légère progression de 1,38 point par rapport à 2024. La puissance de pointe maximale enregistrée sur le Réseau national interconnecté (RNI) a atteint 516 MW en décembre 2025, contre 481 MW à la même période en 2024, soit une hausse de 7,30 %.

Par Léon Yougbaré

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Inscription à notre Newsletter

Sur le même sujet