Les entreprises publiques du Burkina ont performé en 2024 sur les différents indicateurs financiers. Cette information a été révélée à l’occasion de la 33ᵉ Assemblée générale des sociétés d’État, ouverte ce jeudi 26 juin 2025 à Ouagadougou, sous la présidence du Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo. Cette session annuelle s’inscrit dans un contexte marqué par une volonté affirmée de refondation économique et institutionnelle. À cette occasion, la gouvernance des 21 sociétés d’État et des trois Établissements publics de prévoyance sociale (EPPS) que compte le pays était au cœur des échanges.
Le rendez-vous statutaire regroupe pendant deux jours les dirigeants des sociétés d’État, les membres du gouvernement et les institutions de contrôle. Il vise à évaluer la gestion des 21 sociétés d’État et des 3 Établissements publics de prévoyance sociale (EPPS) pour l’exercice clos au 31 décembre 2024. Les données financières présentées révèlent une trajectoire ascendante de la performance des entreprises publiques. Le chiffre d’affaires cumulé des 21 sociétés d’État s’élève à 3 090,03 milliards FCFA, en hausse de 61,72 % par rapport à 2023. Le bénéfice global atteint 120,377 milliards FCFA, contre 97,025 milliards l’année précédente, avec 19 sociétés bénéficiaires sur l’ensemble. Sur le plan budgétaire, la contribution directe des sociétés d’État au Trésor public s’établit à 595,314 milliards FCFA, représentant 19,72 % des recettes budgétaires.

Les trois EPPS, quant à eux, ont généré un produit consolidé de 396,06 milliards FCFA, pour un excédent cumulé de 212,593 milliards. Une performance saluée comme un levier de résilience face aux pressions socio-économiques actuelles, par le chef du gouvernement. « J’ai noté également avec satisfaction les nombreuses actions citoyennes menées en 2024 par nos sociétés d’État et Établissements publics de prévoyance sociale », a-t-il ajouté.
En outre, cette 33ᵉ session de l’Assemblée générale des sociétés d’État a été marquée par l’arrivée de six nouvelles entités, preuve d’un élargissement du portefeuille stratégique de l’État. Les nouveaux venus sont le Centre de contrôle des véhicules automobiles (CCVA), Faso Transit et Logistique (FTL), la Société de participation minière du Burkina (SOPAMIB), FASO GUULGO, FASO KOSSAM et FASO YAAR. Des structures dont la création traduit une stratégie de consolidation de la souveraineté économique nationale dans des secteurs tels que les ressources minières, les infrastructures logistiques ou encore la sécurité alimentaire.

Dans son allocution, le Premier ministre a insisté sur les réformes engagées en matière de gouvernance, notamment quatre décrets majeurs adoptés pour encadrer les rémunérations et avantages des dirigeants des sociétés d’État, dans un souci d’efficacité budgétaire et de justice sociale. Ces textes s’inscrivent dans une approche de réduction du train de vie de l’État, déjà amorcée par plusieurs mesures structurelles. Au-delà des chiffres, le gouvernement entend faire des entreprises publiques de véritables bras opérationnels de la transformation nationale. Le chef du gouvernement a salué les initiatives citoyennes menées par les sociétés d’État, appelant à leur pérennisation et à leur amplification. Il a également exhorté les dirigeants à développer des projets à fort impact économique et social, en lien avec les priorités nationales.
Par Léon Yougbaré


