Au Burkina Faso, la lutte contre la criminalité économique et financière menée par l’Agence nationale de gestion et de recouvrement des avoirs saisis ou confisqués (ANAGRASC) affiche ses premiers résultats. Un an après le démarrage effectif de ses activités, l’institution indique avoir enregistré environ 5,5 milliards de FCFA d’avoirs et de biens saisis, marquant une avancée notable dans la récupération des ressources issues d’activités illicites.
Créée pour gérer et disposer des biens gelés, saisis ou confisqués dans le cadre de procédures pénales liées à la criminalité économique et financière, l’ANAGRASC intervient au cœur du dispositif de lutte contre les détournements et les enrichissements illicites. Les avoirs recensés au cours de cette première année comprennent notamment des immeubles, des véhicules, de l’or ainsi que des numéraires.
Selon l’agence, ces biens saisis ont été constatés et reversés au Trésor public, illustrant l’ampleur des ressources publiques qui peuvent être captées par des réseaux de prédation économique et financière. Au-delà de la valeur financière, ces opérations traduisent également une volonté des autorités de renforcer l’application de la loi et de faire primer l’intérêt général sur les pratiques d’enrichissement illicite.
Pour les autorités, cette action dépasse la simple récupération d’actifs. Elle s’inscrit dans une dynamique visant à rompre avec l’impunité et à affirmer que les ressources publiques doivent être protégées au profit de l’ensemble de la collectivité. Dans ce contexte, l’ANAGRASC se positionne progressivement comme un maillon clé du dispositif judiciaire et administratif dans la lutte contre les biens mal acquis.
L’agence entend ainsi contribuer à restaurer la confiance des populations envers les institutions judiciaires, dans un contexte où la transparence et l’intégrité sont présentées comme des conditions essentielles pour consolider la souveraineté nationale et la cohésion sociale.
Pour les prochaines années, l’ANAGRASC prévoit d’intensifier sa coopération avec les institutions engagées dans la lutte contre la corruption et le blanchiment de capitaux, ainsi qu’avec les partenaires judiciaires au niveau national et international. L’objectif est d’améliorer la détection, la saisie et la gestion des avoirs criminels.
Cette stratégie vise également à renforcer les échanges d’informations transfrontaliers et les capacités opérationnelles, alors que certains avoirs issus de la criminalité économique sont parfois dissimulés à l’étranger par des acteurs impliqués dans des circuits financiers illicites.
Par Amhed Coulibaly


