La 22e édition de la Rencontre nationale Gouvernement/Secteur privé s’est ouverte ce lundi 10 novembre à Bobo-Dioulasso et se poursuit jusqu’au 11 novembre 2025, sous le haut patronage du Premier ministre Jean Emmanuel Ouédraogo. Organisée dans le cadre du Cadre de concertation public-privé, cette rencontre réunit les principaux acteurs économiques du pays autour du thème « Développement des infrastructures : enjeux, défis et engagements patriotiques pour une économie durable ».
Ce rendez-vous annuel, devenu un espace privilégié de dialogue entre l’État et le secteur privé, vise à consolider la concertation autour des grandes orientations économiques nationales. L’édition 2025 s’inscrit dans la continuité des concertations régionales et sectorielles déjà tenues au cours de l’année, marquant la volonté du gouvernement de poursuivre une approche participative et inclusive du développement.
Le thème central de cette édition met en lumière l’importance stratégique du développement des infrastructures comme moteur d’une économie souveraine et durable. Ce choix s’explique par la faiblesse des investissements privés dans la réalisation d’infrastructures adaptées, notamment dans des secteurs clés tels que l’énergie, les technologies de la communication, l’industrie et les transports.
Pour le Premier ministre, ces défis ne peuvent être relevés qu’à travers un dialogue public-privé renforcé, adossé à des axes stratégiques clairs et ambitieux. Les infrastructures constituent, selon lui, le socle de la souveraineté nationale. Elles soutiennent la production, facilitent les échanges et affirment l’indépendance économique du pays face aux partenaires extérieurs.

Le chef du gouvernement a rappelé que l’objectif du Burkina Faso n’est pas seulement de construire, mais aussi de transformer et de valoriser sa production nationale. L’ambition est d’industrialiser les ressources locales et de faire des infrastructures un levier d’une économie autosuffisante. À ses yeux, chaque chantier, chaque centrale posée sur le territoire représente une pierre ajoutée à l’édifice de l’indépendance nationale.
Investir dans les infrastructures, a-t-il insisté, c’est construire la liberté économique du pays, condition essentielle de sa liberté politique. Le Premier ministre a ainsi invité le secteur privé à faire du patriotisme économique une véritable force motrice : investir au Burkina, produire localement et consommer ce qui est fabriqué sur le territoire.
Jean Emmanuel Ouédraogo a réaffirmé la vision du gouvernement de consolider la souveraineté nationale à travers une transformation structurelle de l’économie, en cohérence avec la dynamique de la révolution populaire et progressiste. Il a rappelé le succès du forum international « Investir au Burkina Faso », organisé les 9 et 10 octobre 2025, qui a rassemblé plus d’un millier d’investisseurs, signe de la confiance renouvelée dans le potentiel économique du pays.
Ce succès, selon lui, illustre la résilience du peuple burkinabè et la détermination du secteur privé à bâtir une économie forte et indépendante. Le gouvernement entend poursuivre les efforts d’amélioration du cadre des affaires et de rationalisation des dispositifs de concertation publique et privée, afin de renforcer la cohérence et l’efficacité des politiques économiques. Les recommandations issues de cette rencontre feront l’objet d’un suivi attentif, d’une mise en œuvre coordonnée et d’une évaluation régulière par le comité de pilotage du Cadre de concertation public-privé.
De son côté, Roland Achille Sow, président de la délégation spéciale de la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso, a salué les efforts du gouvernement en matière de modernisation des infrastructures, notamment à travers le programme Faso-Mêebo. Il a toutefois rappelé que la faiblesse et la vétusté de certaines infrastructures freinent la productivité et la compétitivité des entreprises, tout en accentuant la dépendance économique du pays.

Le secteur privé, a-t-il assuré, reste pleinement disposé à accompagner l’État dans la mise en œuvre des projets structurants à fort impact, notamment à travers les partenariats publics-privés. Il a également réaffirmé la confiance des opérateurs économiques dans la capacité du Burkina Faso à surmonter ses défis grâce à l’unité nationale et à la volonté collective de progrès.
La Rencontre nationale Gouvernement/Secteur privé 2025 se veut un espace d’engagement et d’action. Les travaux doivent aboutir à des résolutions concrètes en faveur d’un environnement économique propice à l’investissement et à la souveraineté nationale. En clôturant la cérémonie d’ouverture, le Premier ministre a réaffirmé que le développement du Burkina Faso ne viendra ni de l’extérieur ni du hasard, mais du travail, de l’unité et de la foi du peuple burkinabè en sa propre capacité à construire son avenir.
Par Leila Toé




