vendredi 13 février 2026

Burkina Faso : l’assurance climatique de la Mutuelle panafricaine de gestion des risques (ARC) a déjà indemnisé plus de 2 millions de personnes pour 9 milliards F CFA

Dans un contexte de vulnérabilité accrue aux aléas climatiques, l’assurance agricole s’impose progressivement comme un instrument de politique économique et de sécurité alimentaire. Les 18 et 19 septembre 2025, le Secrétariat exécutif du Conseil national de sécurité alimentaire (SE-CNSA), en partenariat avec le Programme alimentaire mondial (PAM), a réuni à Manga, dans la région du Nazinon, les acteurs régionaux autour d’un atelier consacré à la Mutuelle panafricaine de gestion des risques (ARC). L’objectif de cette rencontre était de présenter les mécanismes d’assurance paramétrique souveraine et explorer leur potentiel dans la consolidation de la résilience économique nationale.

Face à la multiplication des catastrophes naturelles, les pertes agricoles récurrentes pèsent lourdement sur la croissance et la stabilité budgétaire du Burkina Faso. En injectant des ressources immédiates en cas de crise, l’assurance agricole — notamment dans sa forme paramétrique — offre une réponse financière rapide et prévisible, réduisant la dépendance à l’aide d’urgence internationale. Gnama Moïse Milogo, premier communicateur de l’atelier, a expliqué que l’assurance paramétrique repose sur des paramètres prédéfinis tels que la sécheresse, les inondations ou les cyclones tropicaux, à la différence de de l’assurance classique ou indiciaire.

Cette approche innovante, portée par la Mutuelle panafricaine de gestion des risques (ARC), marque un tournant dans la gestion publique des risques climatiques en Afrique. Créée en 2012 par l’Union africaine et entrée en vigueur en 2020, l’ARC compte aujourd’hui dix-sept États membres, à en croire M. Milogo. Le Burkina Faso, a-t-il poursuivi, est engagé dans le processus de ratification du traité et devrait finaliser son adhésion d’ici la fin de l’année 2025.

L’expérience burkinabè avec l’ARC n’est pas qu’institutionnelle : elle est concrète. Le communicateur a indiqué que depuis 2019, le pays bénéficie de la couverture paramétrique grâce au mécanisme « Réplica », à travers lequel le PAM souscrit l’assurance au nom du Burkina. Ce mécanisme donne la possibilité à un partenaire technique de souscrire au nom d’un pays non encore signataire de l’ARC. La mutuelle panafricaine propose plusieurs produits d’assurance paramétrique notamment les polices d’assurance contre la sécheresse (agricole et pastorale), les inondations et les cyclones tropicaux.

Depuis la mise en œuvre de l’ARC au Burkina, les indemnisations cumulées ont atteint environ 9 milliards FCFA, permettant d’assister plus de 2 millions de personnes vulnérables. Les interventions ont pris la forme de distributions de vivres, d’aliments pour bétail et de transferts monétaires. Pour la campagne agricole en cours, le Burkina Faso a souscrit à une assurance sécheresse d’un montant de 797,7 millions FCFA, avec le soutien financier de la Banque africaine de développement (BAD).

Saluant la portée économique de cette dynamique, la Secrétaire générale de la Région du Nazinon, Ouo Abibata Bamouni/Traoré, a fait savoir que la Mutuelle panafricaine de gestion des risques représente un outil efficace pour renforcer la résilience des communautés face aux aléas climatiques.

Par Léon Yougbaré

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