Burkina Faso : l’excédent commercial atteint un niveau record de 1 232,7 milliards FCFA au premier trimestre 2026

Le Burkina Faso a enregistré un excédent commercial historique au premier trimestre 2026, porté par une envolée des exportations d’or. Selon les données officielles, la balance commerciale du pays affiche un solde positif record de 1 232,7 milliards de FCFA à fin mars 2026, montrant la forte dynamique des ventes à l’étranger, largement supérieure à la progression des importations.

Les exportations totales de biens se sont établies à 2 319,3 milliards de FCFA, en hausse de 72 % par rapport à la même période de 2025. Cette performance exceptionnelle repose principalement sur les exportations d’or brut, dont la valeur a progressé de 968,2 milliards de FCFA (+82,2 %). Cette évolution s’explique à la fois par une augmentation des volumes exportés et par le maintien de cours internationaux élevés de l’once d’or.

Le secteur minier renforce ainsi davantage son poids dans le commerce extérieur burkinabè. Les produits miniers représentent désormais 92,7 % de la valeur totale des exportations, soit un gain de 5,3 points de pourcentage en un an. À l’inverse, les produits primaires, notamment le coton, le sésame et la noix de cajou, voient leur part reculer à 5,8 %, tandis que les produits transformés ne représentent plus que 1,5 % des exportations.

Si les exportations de coton enregistrent une progression notable de 63,6 % en valeur, leur contribution relative diminue face à la croissance encore plus rapide des exportations minières. En revanche, les ventes de graines de sésame connaissent une forte contraction de 60,7 %.

Du côté des importations, la hausse demeure beaucoup plus modérée. Les achats de biens à l’étranger atteignent 1 086,6 milliards de FCFA, en progression de 9,3 % sur un an. Cette évolution est principalement liée à l’augmentation des importations de produits pétroliers raffinés, en hausse de 42,6 milliards de FCFA (+12,4 %), ainsi qu’à celles de fer, fonte, acier et ouvrages métalliques, qui progressent de 21,3 milliards de FCFA (+45,9 %).

À l’inverse, les importations de machines électriques et mécaniques reculent respectivement de 13,3 % et 2,5 %, traduisant un ralentissement des acquisitions d’équipements productifs.

La structure des importations reste dominée par les biens de consommation, qui représentent 66,5 % des achats extérieurs. Cette catégorie est soutenue par les importations d’hydrocarbures, de produits alimentaires et pharmaceutiques. Les biens intermédiaires comptent pour 17,1 %, tandis que les biens d’équipement voient leur part reculer à 16,4 %, ce qui pourrait refléter un ralentissement des investissements des entreprises en machines et matériels de transport.

Grâce à cette forte progression des exportations, le taux de couverture des importations par les exportations atteint 213,5 %, contre un niveau nettement inférieur un an plus tôt, soit un gain de 77,8 points. En d’autres termes, les recettes générées par les exportations permettent désormais de financer plus de deux fois les importations du pays.

Par Drissa Ouattara

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