Burkina Faso : l’excédent commercial se consolide à 1 630,3 milliards FCFA à fin novembre 2025, porté par la flambée du cours de l’or

Le commerce extérieur du Burkina Faso affiche un net redressement à fin novembre 2025, porté par une forte accélération des exportations, en particulier dans le secteur minier. Selon les données officielles, les ventes totales de biens à l’étranger atteignent 5 572,8 milliards de FCFA, soit une progression spectaculaire de 89,4% sur un an. Dans le même temps, les importations augmentent plus modérément à 3 942,5 milliards de FCFA, en hausse de 15,7%. Résultat : la balance commerciale de biens s’établit sur un excédent de 1 630,3 milliards de FCFA, contre un déficit de 466,7 milliards de FCFA un an plus tôt.

Cette inversion de tendance traduit une amélioration de 2 097,0 milliards de FCFA en l’espace d’un an, conséquence directe d’un différentiel de croissance entre exportations et importations largement favorable au Burkina. Autrement dit, le pays vend nettement plus à l’extérieur qu’il n’achète, une situation rare dans les économies sahéliennes, souvent contraintes par une forte dépendance aux importations.

Dans le détail, cette performance repose principalement sur l’or brut, moteur incontesté des exportations. Les ventes aurifères progressent de 2 627,5 milliards de FCFA, soit +106,1% sur un an. Une dynamique soutenue par la hausse du cours de l’once sur les marchés internationaux, qui renforce mécaniquement la valeur des exportations même lorsque les volumes n’évoluent pas au même rythme. Cette envolée confirme la place centrale du métal jaune dans la capacité du Burkina à générer des recettes en devises.

À côté de l’or, certains produits agricoles tirent également leur épingle du jeu. Les exportations de noix de cajou augmentent de 79,7 milliards de FCFA (+133,5%), tandis que celles de graines de sésame progressent de 21,2 milliards de FCFA (+62,9%). En revanche, le coton marque le pas : les exportations reculent de 63,7 milliards de FCFA (-40,6%), un signal de fragilité pour une filière historiquement stratégique dans l’économie burkinabè.

À fin novembre 2025, les produits miniers représentent 91,7% de la valeur totale exportée, en hausse de 7,3 points sur un an représentant une valeur totale de 5 110,2 milliards FCFA. Les produits primaires reculent à 6,3% (-4,6 points), tandis que les produits transformés, déjà faibles, ne pèsent plus que 2,1% (-2,7 points).

Côté importations, la hausse observée est tirée par les besoins en investissements et en intrants. Les achats de biens d’équipement augmentent, notamment les machines électriques (+25,5%) et mécaniques (+24,6%). Les biens intermédiaires progressent également, avec une hausse de 25,8% des acquisitions de fer, fonte, acier et ouvrages en ces métaux, signe d’une demande soutenue dans les chantiers et les activités industrielles. Les importations d’engrais bondissent de 155,4%, reflétant les efforts ou besoins de la filière agricole, tandis que celles de matériaux de construction (clinker) augmentent de 20,9%.

Dans un registre plus sensible, les importations de produits pharmaceutiques progressent légèrement de 1,4%, alors que celles de produits pétroliers raffinés reculent de 2,5%, une baisse qui peut refléter une combinaison de consommation, de prix, ou d’ajustements dans les approvisionnements.

La composition des importations montre toutefois une réalité structurelle : malgré le recul de leur part, les biens de consommation demeurent largement dominants, représentant 64,0% de la valeur importée. Les biens intermédiaires gagnent du terrain à 19,2% (+4,4 points), tandis que les biens d’équipement atteignent 16,9% (+1,2 point). Ce glissement partiel vers l’investissement et les intrants reste un signal intéressant, même si la facture globale demeure très concentrée sur la consommation.

Au final, la bonne tenue des exportations a considérablement renforcé la capacité du pays à financer ses achats extérieurs. Le taux de couverture des importations par les exportations atteint 141,4% à fin novembre 2025, en hausse de 55,0 points sur un an. Autrement dit, chaque 100 FCFA d’importations est couvert par près de 141 FCFA d’exportations, une progression qui consolide la position extérieure du Burkina.

Par Drissa Ouattara

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