Burkina/ Industrie agroalimentaire : Transformation locale et innovation au cœur des JAAL 2025

La 13ᵉ édition des Journées Agroalimentaires de Ouagadougou (JAAL) a ouvert ses portes le vendredi 28 novembre 2025, sous le patronage du Premier ministre Rimtalba Emmanuel Jean Ouédraogo, représenté à l’occasion par Aboubakar Nacanabo, ministre de l’Économie et des Finances. Dédié à la transformation des produits agricoles et alimentaires, l’événement réunit producteurs, transformateurs, investisseurs, chercheurs et institutions publiques autour d’une ambition commune, celle de bâtir les bases d’une économie productive, vertueuse et ancrée dans les réalités locales.

Placée sous le thème « Transformation agroalimentaire et souveraineté alimentaire au Burkina Faso : enjeux, défis et perspectives », cette 13ᵉ édition des Journées Agroalimentaires de Ouagadougougou (JAAL) s’affirme comme un espace de réflexions et de réponses concrètes.

Les JAAL reflètent une identité collective nourrie par le savoir-faire des producteurs, l’audace des transformateurs et la ténacité des acteurs qui valorisent le travail de la terre. Elles constituent aussi un espace stratégique pour la valorisation des produits locaux, la conclusion d’affaires, la présentation d’innovations et la réflexion sur les politiques publiques et les initiatives privées nécessaires au développement du secteur.

Modeste Ouédraogo, Secrétaire exécutif, de la Fédération nationale des industries de l’agroalimentaire et de transformation du Burkina (FIAB), a présenté un programme dense pour les huit jours de l’événement. Il comprend notamment des expositions valorisant la diversité des produits transformés, des dégustations, des mises en avant de l’identité culinaire nationale, des rencontres B2B pour stimuler les partenariats économiques et technologiques, ainsi que des compétitions destinées à encourager l’innovation. On note également des initiatives à l’attention des jeunes. Ces initiatives visent à promouvoir la consommation locale et la culture du « consommons ce que nous produisons ».

Modeste Ouédraogo, Secrétaire exécutif, de la Fédération nationale des industries de l’agroalimentaire et de transformation du Burkina (FIAB)

Dans une dynamique d’innovation, la Fédération nationale des industries de l’agroalimentaire et de transformation du Burkina a introduit une nouveauté majeure : la création d’un village global organisé en partenariat avec plusieurs initiatives techniques et agricoles. Cet espace mettra en lumière les processus de certification et de labellisation, devenus indispensables pour accroître la productivité et faciliter l’accès des produits burkinabè aux marchés.

Selon la Fédération, cette initiative s’inscrit dans une vision de renforcer la transformation locale pour promouvoir l’autosuffisance et contribuer à la souveraineté alimentaire.

Transformer localement pour soutenir l’économie

Pour le parrain de l’événement, Idrissa Nassa, Président de la Confédération Générale des Entreprises du Faso, le continent n’a jamais eu autant besoin d’une agriculture résiliente et d’une transformation agroalimentaire dynamique. Face aux crises sécuritaires, climatiques et économiques qui affectent l’Afrique, il rappelle que la souveraineté alimentaire passe par la transformation locale, la consommation locale et la création de valeur ajoutée dans les territoires. Malgré un fort potentiel agricole, les exportations africaines restent largement dominées par les matières premières non transformées et les chaines de valeur demeurent peu structurées.

Il a souligné que la transformation des céréales, fruits, produits forestiers, bétail ou produits frais doit devenir un impératif économique et stratégique. Car chaque produit transformé représente des emplois, des revenus pour les producteurs, une réduction des importations et une compétitivité renforcée.

Idrissa Nassa, Président de la Confédération Générale des Entreprises du Faso

Pour réussir cette transition, il estime nécessaire de mobiliser davantage d’investissements, d’améliorer l’environnement des affaires, de moderniser les infrastructures logistiques et de renforcer la coopération entre l’État et le secteur privé.

Le ministre de l’Économie et des Finances, Aboubakar Nacanabo rejoint cette dynamique. À l’entendre, la montée en puissance d’unités de transformation, l’émergence de marques locales et la professionnalisation des filières montrent que le pays dispose déjà de bases solides pour accélérer sa souveraineté alimentaire.

Aboubakar Nacanabo, ministre de l’Économie et des Finances

Il a affirmé que l’exportation de matières premières suivie de l’importation de produits transformés revient à « exporter de l’emploi ». Il a donc appelé à développer une industrie agroalimentaire locale capable de satisfaire les besoins nationaux tout en créant des opportunités économiques et des emplois durables.

Par Bernadette W.Gansonré

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