Burkina : le Conseil des ministres entérine une mesure obligeant certaines structures publiques à loger leurs dépôts à terme à la Banque des dépôts du Trésor

Réuni en Conseil des ministres ce jeudi 4 septembre 2025, l’exécutif burkinabè a examiné et adopté un projet de décret instituant l’obligation pour certaines structures publiques de loger leurs dépôts à terme auprès du Trésor public, à travers la Banque des dépôts du Trésor (BDT). Une décision qui marque une nouvelle étape dans la consolidation de la gestion des finances publiques.

La centralisation des fonds publics n’est pas une innovation dans l’architecture financière du Burkina Faso. Consacré dès 1969 par les premiers textes nationaux sur les finances publiques, ce principe demeure un pilier de la bonne gouvernance budgétaire. D’après le compte rendu de la rencontre gouvernementale, l’objectif de cette décision est de garantir une meilleure visibilité sur la trésorerie de l’État, d’éviter la dispersion des ressources et d’optimiser leur utilisation dans le financement des priorités nationales.

Cependant, certaines entités échappaient jusqu’ici à cette obligation. Les sociétés d’État, les fonds nationaux, les établissements publics de prévoyance sociale et les autorités administratives indépendantes, n’étant pas assujettis aux règles de la comptabilité publique, plaçaient librement leurs dépôts à terme, souvent auprès d’institutions bancaires commerciales.

Pour remédier à cette situation et parachever la mise en place du compte unique du Trésor, l’État a institué la Banque des dépôts du Trésor (BDT). Cette structure a pour vocation de centraliser l’ensemble des dépôts publics, offrant ainsi une maîtrise consolidée des flux financiers. Le projet de décret adopté vient formaliser l’orientation systématique des dépôts à terme des structures concernées vers la BDT.

Avec cette réforme, l’exécutif entend se doter d’un instrument plus performant de gestion de la trésorerie publique. La centralisation des dépôts contribuera à accroître la capacité de financement de l’État en mobilisant des ressources internes jusque-là éparpillées, à améliorer la transparence et la traçabilité des fonds publics et à réduire la dépendance excessive vis-à-vis du marché financier et des banques commerciales.

Toutefois, l’obligation pour les sociétés d’État et autres entités visées de placer leurs dépôts à la BDT pourrait modifier en profondeur la relation financière entre ces institutions et le secteur bancaire classique. Si elle devrait consolider la trésorerie de l’État, cette mesure pourrait également réduire les dépôts disponibles dans certaines banques commerciales, et donc impacter leur liquidité.

Par David Yaméogo

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