Burkina : le FMI décaisse 33,2 millions de dollars et annonce un nouvel accord de Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD) de 124,3 millions de dollars

Malgré un environnement sécuritaire complexe, le Burkina Faso poursuit son redressement macroéconomique. À l’issue de la quatrième revue du programme appuyé par la Facilité élargie de crédit (FEC), le Conseil d’administration du FMI a autorisé un décaissement immédiat de 33,2 millions de dollars. Ce versement porte à165,8 millions de dollars, le montant total déjà mobilisé dans le cadre de cet accord conclu en septembre 2023.

Dans le même temps, le FMI a approuvé un nouvel accord au titre de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD), d’un montant de 124,3 millions de dollars, couvrant la période jusqu’au 20 septembre 2027. Les premiers décaissements interviendront après la première revue du programme. Cet appui vise à renforcer la résilience budgétaire face aux chocs, intégrer les enjeux climatiques dans la gestion des finances publiques, améliorer la performance des entreprises publiques dans les secteurs vulnérables au climat et faciliter la mobilisation de financements verts.

La décision du Fonds monétaire international ne relève pas du hasard. Elle s’inscrit dans un contexte marqué par des signaux macroéconomiques jugés encourageants et par la mise en œuvre soutenue de réformes budgétaires et structurelles. La discipline budgétaire, l’amélioration des recettes internes et la consolidation progressive des équilibres extérieurs ont contribué à renforcer la crédibilité économique du Burkina Faso auprès de ses partenaires.

Selon le FMI, la croissance a atteint 5,0 % en 2025, contre 4,8 % l’année précédente, soutenue principalement par la vigueur du secteur minier et la hausse des cours de l’or. À moyen terme, l’activité devrait évoluer entre 4,5 % et 5 %, sous réserve d’une stabilisation progressive de l’environnement sécuritaire.

L’inflation, quant à elle, a nettement reculé pour s’établir à -0,5 % en 2025, portée par la détente des prix alimentaires. Elle devrait progressivement converger vers le seuil communautaire d’environ 2 %, signe d’un rééquilibrage progressif des tensions sur les prix.

Concernant le commerce extérieur, la situation s’améliore également. Grâce à la performance des exportations aurifères et à des termes de l’échange favorables, le déficit courant de 3,4 % du PIB enregistré en 2024 devrait laisser place à un excédent de 1,1 % en 2025. Cette amélioration constitue un signal fort pour la stabilité de la balance des paiements.

Outre ces avancées, le déficit public en 2025 est ressorti nettement en dessous de l’objectif de 4 % du PIB fixé dans le programme, traduisant un ajustement significatif par rapport à 2024. Cette performance repose sur trois leviers, à savoir la hausse des recettes minières, la maîtrise de la masse salariale et un encadrement plus rigoureux des dépenses d’investissement.

Les réformes structurelles ont également progressé. Les autorités ont mis en œuvre la majorité des engagements, notamment pour renforcer la gouvernance et la gestion des finances publiques. Parmi les initiatives prioritaires, on note l’élaboration de plans d’audit pour tous les ministères et le renforcement de l’intégrité des procédures d’octroi des licences minières. Aussi, le secteur agricole, qui assure la sécurité alimentaire de 80 % de la population, fait l’objet d’efforts pour mieux résister aux conditions climatiques difficiles.

Cependant, le Fonds monétaire international insiste sur la nécessité d’ancrer la croissance dans une trajectoire plus inclusive à moyen terme, susceptible d’améliorer durablement le niveau de vie. Pour l’institution, cela suppose une accélération des réformes structurelles et la poursuite d’investissements stratégiques capables de soutenir la transformation de l’économie.

Le FMI souligne notamment l’importance de créer un environnement plus favorable au développement du secteur privé, tout en renforçant la résilience face aux chocs extérieurs, en particulier la volatilité des prix des matières premières. L’amélioration de l’efficacité de l’investissement public et la mise en œuvre rigoureuse des réformes de gouvernance figurent également parmi les priorités identifiées.

Par ailleurs, si l’assainissement budgétaire demeure jugé essentiel pour préserver la stabilité macroéconomique, l’institution recommande de préserver les dépenses sociales telles que la santé, l’éducation et la protection sociale, afin que l’effort de consolidation ne compromette pas les objectifs de développement humain.

Par Leila Toé

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