Le sésame, l’un des produits phares d’exportation du Burkina Faso, confirme son rôle stratégique dans l’économie nationale. À fin août 2025, les recettes d’exportation issues de cette filière ont atteint près de 22,4 milliards de FCFA, soit une hausse spectaculaire de 73,9 % par rapport à 2024. Dans ce contexte de performance, le gouvernement burkinabè a annoncé la fixation d’un prix plancher de 535 FCFA le kilogramme pour la campagne de commercialisation 2025-2026.
Le lancement officiel de cette campagne s’est tenu le samedi 8 novembre 2025 à Bobo-Dioulasso, sous la présidence du Directeur de cabinet du ministre d’État, ministre de l’Agriculture, des Ressources animales et halieutiques, Alassane Guiré. Ce dernier a souligné que cette mesure vise à « faire du secteur agricole un véritable levier de souveraineté économique » pour le pays. Il a averti que toute transaction en dessous de ce prix plancher sera interdite, précisant que des mesures de contrôle strictes seront appliquées afin de garantir le respect de la réglementation.
Estimée à environ 40 milliards de FCFA, la campagne de commercialisation s’accompagne d’un ensemble d’initiatives gouvernementales : renforcement des capacités techniques et matérielles des producteurs, promotion d’unités de transformation locales et facilitation de l’accès au financement pour les acteurs de la filière.
Pour le Directeur général du Conseil burkinabè des Filières agropastorales (CBF), Clément Atiou, ces efforts conjugués ont déjà porté leurs fruits, avec une hausse de 52,51 % de la production de sésame par rapport à la précédente campagne, soit une production de 376 945 tonnes.
Du côté des acteurs de la filière, la décision gouvernementale a été accueillie avec enthousiasme. Salamata Sawadogo/Ouédraogo, présidente de l’Interprofession Sésame du Burkina Faso (INTERSEB), a salué un « prix avantageux aussi bien pour les producteurs, les commerçants que pour les transformateurs ». Elle a ajouté que son application effective permettra une meilleure structuration du secteur et une valorisation équitable du travail des producteurs.
Par Amhed Coulibaly




