Le gouvernement burkinabè renforce son contrôle sur l’un des projets industriels et infrastructurels les plus stratégiques du pays. À l’issue du conseil des ministres du 8 janvier 2026, l’exécutif a entériné une modification majeure dans l’actionnariat de la Société de fabrique et de pose de rails (Faso Rails), ramenant la part de la Société Ouest africaine de fonderie (SOAF) de 25 % à seulement 5 %. Ce réaménagement porte désormais la participation cumulée de l’État et de ses démembrements à 95 %, contre 75 % initialement retenus lors de la création de la société.
Cette montée significative au capital traduit clairement la volonté du gouvernement de sécuriser le pilotage stratégique de l’entreprise, considérée comme un levier essentiel pour la relance et l’expansion du réseau ferroviaire national. Fixé à 10 milliards FCFA, le capital social de Faso Rails reste inchangé, mais sa structure actionnariale évolue en faveur d’un modèle beaucoup plus étatique, laissant au secteur privé une marge de 5 %.
L’initiative trouve son origine dans le décret du 14 août 2024, qui avait consacré la création de Faso Rails en tant que société d’économie mixte, dotée d’un siège à Bobo-Dioulasso. L’ambition reste inchangée : mettre en place une capacité nationale de fabrication et de pose de rails, permettant de soutenir un vaste programme de développement ferroviaire chiffré à 70 milliards FCFA.
Faso Rails s’inscrit, en effet, dans la vision présidentielle de reconstruction et d’extension du réseau, avec pour objectif de relier les principaux chefs-lieux de province et de réduire la dépendance vis-à-vis des infrastructures héritées des anciennes concessions régionales.
Le Burkina Faso dispose aujourd’hui d’un réseau limité, essentiellement centré sur les 600 kilomètres de la ligne Abidjan-Ouagadougou, auxquels s’ajoute une extension vers Kaya. L’exploitation de cet axe historique, assurée depuis 1995 par Sitarail aujourd’hui intégrée au groupe Africa Global Logistics a permis de maintenir une continuité dans le transport ferroviaire, mais n’a pas suffi à impulser une dynamique d’expansion interne.
Par Léon Yougbaré


