Le ministre de l’Énergie, des Mines et des Carrières, Yacouba Zabré Gouba, a procédé, le lundi 2 mars 2026, au lancement officiel de quatre carrières de granulats dans la région du Guiriko, marquant ainsi une accélération de l’offre locale en matériaux de construction dans un contexte de forte intensification des chantiers d’infrastructures. La cérémonie officielle s’est tenue sur le site de Sya Carrières et Mines, en présence des autorités administratives et coutumières, avant une visite technique des autres unités.
Les sociétés concernées – Sya Carrières et Mines, Oscana, Ouest Granito et CIM-Carrières – sont implantées stratégiquement autour de Bobo-Dioulasso, principal pôle économique de l’Ouest burkinabè. Trois d’entre elles (Sya Carrières et Mines, Oscana et Ouest Granito) sont situées à Koro, le long de la Route nationale n°1 en direction de Ouagadougou. La quatrième, CIM-Carrières, est implantée à Soumousso, sur l’axe menant à Gaoua.
Sur l’ensemble des sites, les installations témoignent d’un positionnement industriel affirmé : équipements de concassage et de criblage de dernière génération, dispositifs de sécurisation des périmètres, organisation opérationnelle orientée vers la productivité et la conformité aux standards techniques. Casques, gilets fluorescents et chaussures de sécurité chaussés, le ministre et sa délégation ont procédé à une inspection détaillée des chaînes de production, évaluant les capacités techniques et les dispositifs de prévention des risques.
Selon le ministre Gouba, cette mise en exploitation intervient dans un contexte de « regain économique » à Bobo-Dioulasso. En effet, la ville, capitale économique du Burkina, connaît actuellement une dynamique soutenue de développement d’infrastructures, notamment des projets routiers structurants, des travaux d’assainissement et d’équipements socioculturels, ainsi que la construction du stade de 15 000 places à Léguema.

Cette intensification des investissements publics et privés génère une pression accrue sur l’approvisionnement en granulats, matériaux de base indispensables au bétonnage, aux enrobés et aux fondations. En outre, a poursuivi Yacouba Gouba, la région du Guiriko accusait jusqu’ici un déficit significatif en substances de carrière, en raison de l’ampleur des travaux en cours et de l’accélération de l’urbanisation.
Avec une capacité de production journalière globale estimée à plus de 50 000 tonnes pour l’ensemble des quatre sites, ces nouvelles unités devraient contribuer à résorber ce gap d’offre et à réduire la dépendance à des sources d’approvisionnement éloignées ainsi qu’à l’importation. « Ce lancement revêt une importance toute particulière pour nous, en ce sens que c’est une dynamique qui est enclenchée et suivra certainement la mise en œuvre d’autres carrières », a-t-il ajouté.

Le ministre a insisté sur l’accompagnement institutionnel apporté par son département, notamment en matière de célérité dans le traitement des dossiers administratifs et de facilitation des procédures. Il a, en retour, exhorté les promoteurs à garantir une production à la hauteur des besoins des chantiers structurants à venir, tout en veillant à la modération des prix afin de préserver l’accessibilité des granulats aux entreprises adjudicataires de marchés publics et aux particuliers engagés dans l’auto-construction.

Au-delà de l’enjeu productif, le chef du département des mines et carrières a mis l’accent sur la responsabilité sociétale des exploitants. L’exploitation des carrières devra, à ses dires, s’opérer dans le strict respect du cadre réglementaire, des normes environnementales et de la valeur humaine, avec la nécessité d’un climat social apaisé entre promoteurs et communautés riveraines.
Répondre au besoin du marché national
Du côté des opérateurs, l’initiative est présentée comme une réponse stratégique à un déficit structurel du marché national. Ibrahim Sanou, promoteur de Sya Carrières et Mines, a souligné que le secteur des granulats était historiquement dominé par des opérateurs étrangers.
L’ambition affichée est de renforcer la contribution de l’expertise nationale dans un segment clé de la chaîne de valeur du BTP. « Nous avons acquis un matériel de dernière génération et nous pensons, dans très peu de temps, apporter notre contribution à la construction de la patrie », a déclaré Ibrahim Sanou, qui annonce dans la foulée une capacité de production de près de 200 tonnes par heure.

L’investissement global pour la mise en place des installations sur ce site s’élève à 2,5 milliards FCFA. Un effort qui traduit une montée en gamme technologique et une volonté de positionnement durable des acteurs nationaux sur un marché appelé à croître sous l’effet combiné des programmes publics d’infrastructures et de la dynamique immobilière.
Par Léon Yougbaré


