Burkina : naissance de « FBDES Tõogo », le méga-fonds public qui restructure le financement du développement

Dans un contexte de rationalisation des structures publiques et de quête d’efficacité dans l’action de l’État, le Conseil des ministres tenu ce jeudi 20 novembre 2025 a adopté un projet de décret consacrant la création du Fonds burkinabè de développement économique et social (FBDES) « Tõogo », un instrument unique appelé à transformer en profondeur le financement du développement au Burkina Faso.

Dénommé « Tõogo », un vocable Mooré signifiant « puissance », le nouveau fonds résulte d’une vaste réforme structurelle. Il regroupe désormais sept entités jusqu’ici dispersées notamment le Fonds burkinabè de développement économique et social (FBDES), le Fonds d’appui aux activités rémunératrices des femmes (FAARF), l’Agence de financement et de promotion des PME (AFP-PME), le Fonds Dumu Ka Fa (FDK), le Fonds Faso Kuna Wili (FKW), le Fonds national d’appui aux travailleurs déflatés et retraités (FONA-DR) et le Fonds de développement culturel et touristique (FDCT).

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Cette consolidation marque l’un des regroupements institutionnels les plus ambitieux de ces dernières années. Selon le gouvernement, la fusion vise trois objectifs principaux : fédérer les ressources, rationaliser les dépenses, et améliorer la supervision et le contrôle du financement au profit des bénéficiaires. Le nouveau fonds devient ainsi une plateforme centrale d’orientation et de gestion des ressources nationales et internationales destinées au développement économique.

Une réforme globale : sport, presse privée, éducation, recherche et solidarité également réorganisés

La création de « Tõogo » s’inscrit dans une réforme d’ensemble menée par le Gouvernement afin de rendre les fonds publics plus cohérents, plus efficaces et mieux alignés sur les priorités nationales. Le Conseil des ministres a en effet entériné la création du Fonds d’appui au sport et à la presse privée (FASP) « Wassa Bondo », né de la fusion du Fonds national pour la promotion du sport et des loisirs (FNPSL) et du Fonds d’appui à la presse privée (FAPP).

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Ce nouveau mécanisme, dont le nom signifie « le grenier du succès » en dioula, a pour vocation de renforcer la cohérence de l’action publique en finançant aussi bien les infrastructures et initiatives sportives que l’accompagnement des entreprises de presse privée. À travers cette réorganisation, le Gouvernement entend optimiser la gestion des ressources financières et humaines, tout en accroissant l’impact des interventions publiques dans deux secteurs clés.

Le Fonds de soutien à l’éducation et à la recherche (FOSER) « Bãngr baoobo », qui signifie « recherche du savoir » en Mooré, résulte, quant à lui, de la fusion du Fonds d’appui à la formation professionnelle et à l’apprentissage (FAFPA), du Fonds national pour l’éducation et la recherche (FONER) et du Fonds national de la recherche et de l’innovation pour le développement (FONRID).

Par cette consolidation, le Gouvernement entend créer un cadre unifié et performant pour financer la formation, la recherche et l’innovation. Le FOSER ambitionne ainsi de mettre fin aux chevauchements de missions et d’améliorer la gouvernance ainsi que l’efficacité dans l’utilisation des ressources publiques destinées à l’éducation et à la recherche.

En outre, l’hebdomadaire rencontre du gouvernement a permis la création du Fonds d’assistance sociale et de solidarité nationale (FASSN) « Seenimin », dont le nom en Bwamu signifie « entraide ». Il est né de la fusion du Fonds national de solidarité et de résilience sociale (FNS-RS) et du Fonds d’assistance judiciaire (FAJ). Ce nouveau dispositif aura pour mission de financer les actions humanitaires et d’assurer la prise en charge des personnes et groupes vulnérables. Il contribuera également à garantir leur accès à la justice et aux services sociaux essentiels.

Par Léon Yougbaré

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