Au 30 juin 2025, l’encours de la dette publique du Cameroun s’élève à 14 105 milliards FCFA, représentant 43 % du PIB. Malgré une légère hausse annuelle, les indicateurs de viabilité s’améliorent, traduisant une gestion prudente et stratégique de l’endettement. C’est ce que révèle la note de conjoncture mensuelle sur la dette publique publiée par la Caisse autonome d’amortissement (CAA) le 31 juillet dernier. Toutefois, le niveau de l’encours de la dette reste largement en dessous du plafond de 50 % fixé par la Stratégie d’endettement à moyen terme (SDMT) 2025-2027, et bien inférieur au seuil communautaire de 70 % dans la sous-région CEMAC.
En glissement annuel, l’encours de la dette a augmenté de 1,8 %, mais la tendance reste modérée. En effet, la dette a reculé de 1,1 % en variation mensuelle et de 3,3 % en variation trimestrielle. Cette évolution s’inscrit dans un contexte où le taux d’endettement diminue. Ces évolutions, selon la CAA, sont le fruit d’une gestion globalement prudente de l’endettement public, soulignant la cohérence avec les objectifs de la SDMT.
La structure de la dette demeure dominée par l’administration centrale, qui détient 93 % de l’encours total, soit 13 115 milliards FCFA. Les entreprises publiques en détiennent 6,8 % et les collectivités territoriales décentralisées (CTD), à peine 0,2 %, un niveau appelé à évoluer avec les efforts de recensement et de consolidation en cours.
La dette extérieure représente 8 510 milliards FCFA, soit 26 % du PIB, en hausse de 2 % sur un an. Elle reste largement dominée par les emprunts multilatéraux, qui représentent 53,6 % de cette composante, suivis des bilatéraux (31,1 %) et des commerciaux (15,3 %). Au niveau multilatéral, la Banque mondiale (IDA et BIRD) est le principal créancier avec 43,5 % de la dette multilatérale, soit 23,3 % de la dette extérieure totale. La Banque africaine de développement, avec le Fonds africain de développement (FAD), arrive en deuxième position (24,5 % de la dette multilatérale), suivie du FMI, avec 19,8 %, hors allocations de Droits de tirage spéciaux (DTS).
Côté bilatéral, l’encours total atteint 2 648,3 milliards FCFA, avec une domination de la Chine (65 %), soit 20,2 % de la dette extérieure totale. La France est le deuxième contributeur, avec 25,6 % (soit 8 % du total extérieur), confirmant la prépondérance des partenariats traditionnels dans la stratégie de mobilisation de fonds du Cameroun. Quant à la dette commerciale, elle atteint 1 302,1 milliards FCFA, reflétant une ouverture graduelle du Cameroun aux instruments de marché, dont les eurobonds de 2015 et 2021 (36,8 %) et les financements du groupe CITI (23,5 %). Le stock de la dette des entreprises et établissements publics est estimé à 964 milliards FCFA, en recul de 7,1 % par rapport à juin 2024.
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Au 30 juin 2025, la dette intérieure de l’administration centrale, hors dette flottante et restes à payer, s’élève à 3 814,4 milliards FCFA (11,6 % du PIB), en hausse annuelle de 5,2 %. La structure de cette dette montre une nette prédominance des titres publics (55 %), suivis des emprunts structurés (23,4 %), des consolidations auprès de la BEAC (15,1 %), des allocations DTS (4,7 %) et des créances non structurées (1,8 %).
Les Bons du Trésor Assimilables (BTA) connaissent une hausse annuelle de 11,6 %, signe d’un recours accru au financement domestique. Mais cette dynamique suscite des préoccupations sur le risque de refinancement, notamment face aux limites du marché local. C’est dans ce contexte que le Chef de l’État a signé, le 19 mai 2025, un décret autorisant un emprunt de 200 milliards FCFA sur les marchés financiers internationaux pour couvrir les besoins de trésorerie de l’année en cours.
Par Léon Yougbaré


