Dangote Cement renforce son empreinte ouest-africaine avec un investissement majeur en Côte d’Ivoire. Le géant nigérian a confirmé que son usine de broyage d’une capacité de 3 millions de tonnes par an sera opérationnelle pour ce troisième trimestre 2025. Ce site deviendra la plus importante implantation du groupe hors du Nigeria, devançant ainsi toutes ses autres unités africaines
Avec cette capacité, l’usine ivoirienne surclassera celles déjà établies au Cameroun (1,5 Mta), au Congo (1,5 Mta), au Ghana (2,0 Mta de broyage et importation de clinker), en Éthiopie (2,5 Mta), au Sénégal (1,5 Mta), en Sierra Leone (0,5 Mta d’importation), en Afrique du Sud (2,8 Mta), et en Zambie (1,5 Mta). Elle aura les memes capacités que l’usine de la Tanzanie (3,0 Mta)
Pour Arvind Pathak, directeur général du groupe, cette unité stratégique doit consolider la présence régionale de Dangote Cement et soutenir la dynamique d’exportation. « Les volumes d’exportation en provenance du Nigeria ont progressé de 18,2 % avec 18 expéditions de clinker réussies vers le Ghana et le Cameroun. Cela illustre l’importance de notre empreinte panafricaine et notre engagement à développer le commerce régional », a-t-il indiqué dans une note adressée à la Bourse nigériane.
Dans le même document, le dirigeant a souligné les efforts du groupe pour optimiser ses coûts et moderniser sa logistique. Au deuxième trimestre 2025, l’entreprise a commencé la mise en circulation progressive de 1 600 camions alimentés au gaz naturel comprimé (GNC), un investissement qui doit réduire significativement les charges de transport et améliorer l’empreinte environnementale.
Cette stratégie porte déjà ses fruits. Sur la période, l’EBITDA consolidé de Dangote Cement a bondi de 41,8 % pour atteindre 944,9 milliards de nairas, tandis que le bénéfice net a progressé de 174,1 %. Des performances que le directeur général attribue à une discipline opérationnelle renforcée et à des investissements ciblés.
Leader du marché africain, Dangote Cement dispose aujourd’hui d’une capacité totale de production de 52 millions de tonnes par an, dont 35,25 millions au Nigeria. L’usine d’Obajana, dans l’État de Kogi, reste le plus grand site de production du continent avec 16,25 millions de tonnes par an. Grâce à ces infrastructures, le groupe a mis fin à la dépendance du Nigeria aux importations et a transformé le pays en exportateur net de ciment et de clinker.
Avec l’entrée en production imminente de l’usine ivoirienne, le cimentier entend accélérer cette dynamique et s’affirmer davantage comme un acteur clé de l’intégration industrielle en Afrique de l’Ouest.
Par Amhed Coulibaly


