Eni ouvre le capital de Baleine à la compagnie pétrolière nationale de la République d’Azerbaïdjan (SOCAR) et renforce la dimension internationale du premier grand projet offshore ivoirien. Le groupe italien a signé un accord contraignant avec SOCAR pour la cession de 10 % de sa participation dans le projet Baleine, opéré par Eni qui en détient 47,25 %, aux côtés de Vitol avec 30 % et de Petroci avec 22,75 %.
Cette opération entre dans une logique d’optimisation du portefeuille amont d’Eni. Le groupe accélère la valorisation de ses découvertes d’exploration en cédant des participations minoritaires, tout en conservant la maîtrise opérationnelle des projets. Une approche connue sous le nom de modèle d’exploration duale, qui permet de partager les risques, d’attirer des partenaires solides et de dégager rapidement des ressources financières.
L’accord avec SOCAR dépasse toutefois le cadre strict de la transaction. Il s’inscrit dans une coopération stratégique plus large entre les deux groupes. En 2024, Eni et SOCAR ont signé trois protocoles d’accord visant à renforcer la sécurité énergétique, développer l’exploration et la production d’hydrocarbures, mais aussi à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à structurer la filière des biocarburants.
Présente en Côte d’Ivoire depuis 2015, Eni a fait de Baleine son projet phare dans le pays. Découvert en 2021, le gisement géant a marqué le retour des grandes découvertes commerciales après vingt ans d’attente. Son développement rapide a permis une mise en production dès 2023, un délai record pour un projet offshore de cette envergure.
Aujourd’hui, Baleine produit plus de 62 000 barils de pétrole et plus de 75 millions de pieds cubes de gaz par jour grâce à ses phases 1 et 2. Avec le lancement de la phase 3, la montée en puissance se poursuivra pour atteindre 150 000 barils de pétrole et 200 millions de pieds cubes de gaz par jour, positionnant le champ comme un pilier central de l’approvisionnement énergétique ivoirien.
Premier projet à zéro émission nette développé par Eni en Afrique, Baleine illustre également l’ambition du groupe de concilier développement énergétique et transition environnementale. L’entrée de SOCAR vient ainsi renforcer la solidité financière et industrielle d’un projet appelé à jouer un rôle clé dans le paysage énergétique national.
Par Bernadette W. Gansonré


