Le Fonds Monétaire International (FMI) a validé les troisièmes examens des programmes Mécanisme élargi de crédit (MEDC) et la Facilité élargie de crédit (FEC) ainsi que le deuxième examen du programme facilité pour la résilience et la durabilité (FSR) pour la Côte d’Ivoire, tout en finalisant les consultations au titre de l’article IV pour l’année 2024. Cette avancée permet un décaissement immédiat de 808,5 millions de dollars, soit environ 490 milliards de FCFA, destinés à soutenir l’économie ivoirienne.
La Côte d’Ivoire a enregistré des progrès remarquables dans la mise en œuvre de ses programmes de réformes. Selon le FMI, tous les objectifs fixés (critères de performance, repères structurels et réformes) ont été atteints. Les programmes MEDC/FEC offrent un accès combiné de 2 601,6 millions de DTS (environ 2 062 milliards de FCFA), tandis que le programme FSR mobilise 975,6 millions de DTS (772 milliards de FCFA). Le FMI se montre optimiste sur l’impact de ces réformes. L’institution estime qu’elle soutiendra l’ambition ivoirienne de rejoindre la catégorie des pays à revenu intermédiaire supérieur à moyen terme, tout en renforçant sa résilience face au changement climatique.
L’institution de Bretton Woods estime que, malgré des performances agricoles et de construction inférieures aux attentes, l’économie ivoirienne affiche une résilience notable en 2024. Une reprise de l’activité agricole et des industries extractives est anticipée, notamment grâce à la mise en service du champ pétrolier de Baleine et aux investissements dans le secteur énergétique. En parallèle, l’inflation devrait ralentir, passant de 4,4 % en 2023 à 3,8 % d’ici fin 2024, sous l’effet de la baisse des prix alimentaires. Le secteur financier demeure solide, tandis que les engagements internationaux, notamment ceux pris lors de la COP29, devraient catalyser des financements additionnels pour les initiatives climatiques en Côte d’Ivoire.
L’assainissement budgétaire reste une priorité pour les autorités ivoiriennes. Le déficit budgétaire, réduit de 6,8 % du PIB en 2022 à 5,2 % en 2023, devrait atteindre 4 % en 2024 et 3 % en 2025, grâce à des mesures axées sur l’augmentation des recettes fiscales. Par ailleurs, la dette publique montre des signes d’amélioration, avec des ratios de liquidité renforcés et des opérations de gestion proactive. Sur le plan extérieur, une réduction significative du déficit de la balance courante est prévue pour 2024. Après avoir atteint 7,9 % du PIB en 2023, ce déficit devrait se réduire à environ 5,1 %, grâce notamment à des cours du cacao historiquement élevé et à des perspectives de production optimistes.
Par Ouattara




