Côte d’Ivoire : le prix bord champ du cacao fixé à 1 200 FCFA pour la campagne intermédiaire 2025-2026 dans un contexte de chute des cours.

La Côte d’Ivoire ouvre sa campagne intermédiaire 2025-2026 du cacao dès ce mercredi 04 mars 2026, avec un prix bord champ fixé à 1 200 FCFA le kilogramme, un réajustement majeur destiné à soutenir les producteurs dans un contexte de chute spectaculaire des cours internationaux et de surstockage des fèves. Cette avancée de la campagne répond aux récoltes précoces observées dans plusieurs zones de production et permet aux agriculteurs d’accéder plus rapidement à des liquidités.

Après un pic historique à 2 800 FCFA en début de campagne, le prix payé aux planteurs chute de près de 60 %, en raison du décrochage du marché mondial. La tonne de cacao se situe désormais autour de 2 900 dollars, soit environ 1 600 FCFA le kilogramme, contre plus de 11 000 dollars au début de 2024. Le cacao ivoirien se retrouvait ainsi jusqu’à 75 % plus cher que le cours mondial, ralentissant les achats et bloquant partiellement les exportations.

Le mécanisme de stabilisation en vigueur depuis 2011 garantit aux producteurs au moins 60 % du prix CAF (coût, assurance, fret). Selon les simulations techniques basées sur le prix international estimé à 1 578 FCFA le kilogramme, le prix bord champ aurait dû tomber autour de 947 FCFA. La décision de fixer le prix à 1 200 FCFA traduit un arbitrage visant à amortir le choc pour les producteurs tout en tenant compte des contraintes du marché. Pour les volumes déjà commercialisés lors de la campagne principale, l’État a maintenu le prix record de 2 800 FCFA, couvrant ainsi une partie des coûts financiers.

Le vendredi 27 février 2026, le Conseil du café-cacao avait annoncé une réorganisation stratégique du calendrier des campagnes de commercialisation du cacao afin de relancer un secteur fragilisé par la chute des prix mondiaux et l’accumulation des stocks. Dorénavant, la grande campagne s’étendra du 1er septembre au 28 février, tandis que la campagne intermédiaire débutera le 1er mars pour se clôturer le 31 août, soit un mois plus tôt que prévu initialement. Cette réorganisation a pour objectif d’accélérer l’écoulement des fèves, de stabiliser le marché et d’assurer la continuité des activités des exportateurs et des multinationales du cacao, dont les opérations avaient été fortement ralenties ces derniers mois.

En rappel, le cacao demeure un pilier central de l’économie ivoirienne, représentant 14 % du PIB et assurant les moyens de subsistance de près de 8 millions de personnes. Toute variation du prix se traduit directement sur les revenus des producteurs, influence la consommation intérieure et pèse sur la stabilité sociale dans les zones rurales, soulignant l’importance cruciale d’un équilibre entre compétitivité internationale et protection des acteurs locaux.

Par Leila Toé

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