La Côte d’Ivoire maintient à 1 200 FCFA le kilogramme le prix d’achat garanti du cacao aux producteurs pour la campagne principale 2026/2027, officiellement ouverte ce 1er septembre 2026. La décision, annoncée par le ministre de l’Agriculture, Bruno Koné, intervient alors que les cours internationaux de la fève connaissent une remontée après leur forte correction enregistrée quelques mois plus tôt.
Le niveau retenu par les autorités ivoiriennes reste ainsi inchangé par rapport à celui appliqué lors de la petite campagne lancée en mars dernier. À cette période, le marché mondial du cacao traversait une phase particulièrement difficile, avec des cours descendus sous la barre des 3 000 dollars la tonne. Cette situation contrastait fortement avec le démarrage de la campagne précédente, en octobre 2025, lorsque les prix internationaux dépassaient les 6 000 dollars la tonne.
Depuis, la tendance s’est inversée sur les marchés mondiaux. Le cacao a notamment atteint 6 309 dollars la tonne le 9 juillet, avant de franchir à nouveau le seuil des 6 500 dollars fin août. Malgré cette reprise, les prix restent éloignés des niveaux exceptionnels enregistrés fin 2024, lorsque la tonne s’était rapprochée des 13 000 dollars.
Cette évolution pose toutefois la question de la répercussion de la remontée des cours internationaux sur les revenus des producteurs ivoiriens. Le mécanisme de commercialisation en vigueur, qui encadre la fixation du prix payé aux planteurs, ne permet pas une transmission immédiate des fluctuations du marché mondial. Les producteurs ne bénéficient donc pas directement de l’intégralité des hausses enregistrées sur les marchés internationaux.
Pour cette nouvelle campagne, le gouvernement ivoirien mise néanmoins sur la stabilité du prix garanti afin d’offrir davantage de visibilité aux acteurs de la filière. La Côte d’Ivoire demeure le premier producteur mondial de cacao, faisant de l’évolution du prix payé aux planteurs un enjeu majeur pour des millions d’acteurs dépendant directement ou indirectement de cette filière.
Sur le marché du café, autre grande culture d’exportation, les autorités ont fixé le prix d’achat à 1 300 FCFA le kilogramme, contre 1 700 FCFA lors de la campagne précédente. Une baisse qui intervient dans un contexte différent de celui du cacao et qui devrait également peser sur les revenus des producteurs concernés.
Par Amhed Coulibaly


