Les entreprises publiques ghanéennes ont renoué avec les bénéfices en 2025, après quatre années consécutives de pertes consolidées. Selon le Rapport sur la propriété de l’État (SOR), publié par la State Interests and Governance Authority (SIGA), les entreprises publiques nationales ont enregistré un bénéfice net après impôts de 19,8 milliards de cédis ghanéens (GH¢) en 2025, soit environ 985,25 milliards de FCFA au taux de 1 GH¢ pour 49,76 FCFA.
Cette performance marque un retournement spectaculaire par rapport aux 2,25 milliards de GH¢ de pertes nettes enregistrées en 2024 et aux 502 millions de GH¢ de pertes en 2023. Elle intervient dans un contexte d’amélioration de l’activité économique et de baisse significative des coûts financiers.
Le chiffre d’affaires cumulé des entreprises publiques a progressé de 28,12 %, passant de 137,64 milliards de GH¢ en 2024 à 176,43 milliards de GH¢ en 2025. Dans le même temps, le bénéfice avant intérêts et impôts a atteint 25,49 milliards de GH¢. Cette progression des revenus a notamment été soutenue par les secteurs agricole, manufacturier et des infrastructures, dont les revenus ont augmenté respectivement de 203,71 %, 114,74 % et 92,24 %.
Les entreprises publiques ont également enregistré des bénéfices nets en devises de 11,72 milliards de GH¢, inversant une perte de 12,01 milliards de GH¢ enregistrée l’année précédente. Les coûts financiers ont, pour leur part, diminué de 42,49 %, notamment sous l’effet de la baisse des taux d’intérêt.
La performance des entreprises publiques s’inscrit dans un environnement macroéconomique plus favorable. Le PIB réel du Ghana a progressé de 6 % en 2025, contre 5,8 % en 2024, enregistrant ainsi son rythme de croissance le plus rapide depuis 2019. Sur la même période, le taux directeur est passé de 27 % à 18 %, tandis que le taux de référence du Ghana a reculé de 29,31 % à 15,9 %. Le taux moyen des prêts bancaires est également passé de 30,25 % à 20,4 % à décembre 2025.
Malgré l’amélioration globale, les performances restent très contrastées entre les différentes entités du portefeuille public. Dix entreprises publiques ont réussi à maintenir leur rentabilité sur une période de cinq ans. Parmi elles figurent notamment la Ghana Ports and Harbours Authority, la Bui Power Authority, la Ghana National Gas Company, BOST Energies Company, Minerals Income Investment Fund et TDC Company.
À l’inverse, cinq entreprises publiques, dont Electricity Company of Ghana (ECG), Ghana Cylinder Manufacturing Company, GNPA, Graphic Communications Group Company et Ghana Digital Centre, ont enregistré des pertes chaque année entre 2021 et 2025. Six autres entités, parmi lesquelles AirtelTigo Ghana, Gihoc Distilleries et Tema Oil Refinery, ont affiché des capitaux propres négatifs sur la même période.
La contribution des entreprises publiques aux recettes de l’État demeure également limitée. Seules Ghana Reinsurance Company et TDC Company ont versé des dividendes au gouvernement en 2025, pour un montant cumulé de 16 millions de GH¢, en baisse de 29,36 % par rapport à l’année précédente.
Le gouvernement engagé plusieurs réformes pour améliorer la gouvernance et la gestion financière de son portefeuille. En mai 2025, le ministère des Finances a publié de nouvelles directives de mise en œuvre de la gestion financière publique, imposant notamment aux entités concernées de soumettre trimestriellement des rapports d’audit interne et de contrôle des engagements.
La SIGA indique par ailleurs avoir évalué 70 entités publiques ayant signé des contrats de performance en 2024, à travers ses rapports annuels de gouvernance et d’évaluation de la performance institutionnelle.
Le portefeuille public connaît également plusieurs transformations structurelles. Le gouvernement a notamment engagé la recapitalisation de la National Investment Bank (NIB) et de la Agricultural Development Bank (ADB), toutes deux détenues par l’État. Il a également poursuivi son soutien à la Consolidated Bank Ghana (CBG) et créé le Ghana Gold Board (GoldBod) afin de renforcer la supervision du secteur aurifère.
Dans le secteur ferroviaire, SIGA a recommandé la liquidation de Ghana Railway Company Limited, confrontée à des difficultés financières et opérationnelles persistantes. L’autorité préconise notamment l’absorption de ses employés au sein de la Ghana Railway Development Authority et la transformation de cette dernière en une institution à vocation commerciale.
Par Drissa Ouattara


