À la fin de l’année 2025, la Commission de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale fait face à une situation budgétaire préoccupante. Les arriérés cumulés des États membres atteignent 263,5 milliards de francs CFA, selon les informations présentées lors d’une session du Parlement communautaire à Malabo. Ce niveau d’impayés fragilise directement le fonctionnement de l’institution.
Le financement de la Commission repose principalement sur la Taxe communautaire d’intégration. Fixée à 1 % sur les importations en provenance de pays hors zone, cette taxe a été instaurée pour garantir des ressources propres et assurer une certaine autonomie financière à la Communauté. En 2025, les prévisions tablaient sur 51,9 milliards de francs CFA de recettes au titre de cette taxe. Dans les faits, seuls 31,09 milliards ont été collectés, soit un taux de recouvrement inférieur à 60 %.
Cet écart entre les montants attendus et les sommes effectivement perçues explique en grande partie l’accumulation des arriérés. La Commission dépend de ces ressources pour financer ses activités courantes, ses programmes et ses projets d’intégration. Lorsque les contributions ne sont pas versées dans les proportions prévues, la trésorerie se retrouve sous pression.
La répartition des arriérés met en évidence des disparités importantes entre les États membres. La République centrafricaine affiche 61,8 milliards de francs CFA d’impayés, soit 23,4 % du total. Le Cameroun suit avec 59,9 milliards, représentant 22,7 %. Le Congo enregistre 52,2 milliards, soit 19,8 %. Le Tchad cumule 49,1 milliards, équivalant à 18,6 %. La Guinée équatoriale doit 34,1 milliards, correspondant à 12,9 %. Le Gabon présente un niveau plus faible, avec 6,1 milliards de francs CFA, soit 2,3 % du total.
Ces chiffres montrent que la difficulté concerne plusieurs pays à la fois. Le poids cumulé des arriérés réduit la capacité d’action de la Commission. Même si certains États sont plus réguliers que d’autres, l’équilibre financier dépend de l’ensemble des contributions.
Face à cette tension financière, le président de la Commission, Baltasar Engonga Edjo’o, avait annoncé le 5 février la suspension temporaire des opérations et missions jugées non essentielles. Cette décision vise à limiter les dépenses et à préserver la trésorerie disponible. Elle traduit une volonté de gérer la situation avec prudence, en attendant une amélioration des contributions.
Le montant de 263,5 milliards de francs CFA d’impayés menace la mise en œuvre des projets d’intégration régionale ainsi que les réformes structurelles engagées. La Taxe communautaire d’intégration, instaurée à 1 % sur les importations hors zone, avait pour objectif de garantir l’autonomie financière de la Communauté.
Par Leila Toé


