Cryptomonnaies : le Ghana légalise et encadre un marché déjà adopté par près de 3 millions de ses citoyens

Le Ghana poursuit l’encadrement de son économie numérique. Le Parlement a approuvé, le lundi 22 décembre 2025,  la légalisation des cryptomonnaies, une décision qui marque l’entrée officielle du pays dans une phase de régulation d’un marché en forte expansion. Cette avancée intervient dans un contexte où l’usage des actifs numériques s’est largement diffusé, souvent en dehors de tout cadre juridique, au point d’inquiéter les autorités monétaires.

À l’origine de cette initiative, la Banque du Ghana multipliait les alertes face à l’ampleur du phénomène. Des rapports internes estiment que près de trois millions de Ghanéens, soit environ 17 % de la population adulte, participent aujourd’hui à des transactions en cryptomonnaies. Une dynamique qui, selon la banque centrale, a des répercussions directes sur la stabilité financière et la gestion du cedi, la monnaie nationale.

S’exprimant à Accra, le gouverneur de la Banque du Ghana, Johnson Asiama, a souligné que l’adoption du projet de loi sur les fournisseurs de services d’actifs virtuels constitue une étape structurante. Le texte ouvre la voie à la délivrance de licences aux plateformes crypto et à la supervision de leurs activités, afin d’intégrer cette « activité émergente dans des limites claires, responsables et bien gouvernées », selon ses termes. Pour les autorités monétaires, il s’agit autant de renforcer la transparence que d’améliorer la capacité de surveillance d’un secteur jusqu’ici largement informel.

Au-delà des enjeux de stabilité, la Banque du Ghana met en avant les bénéfices économiques attendus. La mise en place d’une surveillance réglementaire devrait, selon Johnson Asiama, réduire les coûts pour les banques, améliorer l’expérience des clients et offrir un appui tangible aux petites et moyennes entreprises ainsi qu’aux traders. En formalisant le secteur, les régulateurs espèrent trouver un équilibre entre innovation technologique et prudence financière, tout en créant un environnement plus sûr pour les investisseurs et les entreprises engagées dans les actifs numériques.

Cette réforme s’inscrit dans un marché local déjà significatif. Les transactions en cryptomonnaies au Ghana ont atteint environ 3 milliards de dollars sur l’année glissante jusqu’en juin 2024, d’après les estimations de Web3 Africa Group, une entreprise basée à Accra qui ambitionne de déployer des plateformes d’échange crypto à l’échelle du continent. À titre de comparaison, le Nigeria a enregistré, sur la même période, près de 59 milliards de dollars de transactions, soit presque la moitié des 125 milliards de dollars échangés en Afrique subsaharienne.

Par Alexia.C.TIENDREBEOGO

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