Jumia Technologies AG, l’une des principales plateformes de commerce électronique en Afrique, a enregistré une amélioration sensible de ses performances financières et opérationnelles au deuxième trimestre 2026, clos le 30 juin. Malgré un environnement marqué par les tensions sur les approvisionnements, la hausse des coûts du carburant et des pressions sur la consommation, le groupe a poursuivi sa croissance tout en réduisant fortement ses pertes.
Le chiffre d’affaires de Jumia s’est établi à 52 millions de dollars, soit plus de 31 milliards FCFA, contre 45,6 millions de dollars (environ 27,36 milliards FCFA) au deuxième trimestre 2025, soit une progression de 14 % sur un an. L’entreprise explique que cette évolution intervient dans un contexte de transition des ventes directes vers les ventes indirectes.
Le volume brut de marchandises (GMV) a atteint 216,3 millions de dollars (129,78 milliards FCFA), contre 180,2 millions de dollars (108,12 milliards FCFA) un an plus tôt. Il progresse ainsi de 20 % en données publiées. Après correction des effets de périmètre, le GMV affiche une croissance de 23 % sur un an.
Progression de 28 % du bénéfice brut
La croissance de l’activité s’est accompagnée d’une amélioration de la performance commerciale. En effet, le bénéfice brut s’est élevé à 30,7 millions de dollars, soit environ 18,42 milliards FCFA, contre 23,9 millions de dollars (14,34 milliards FCFA) au deuxième trimestre 2025. Il affiche une hausse de 28 % sur un an.
Cette progression reflète, selon Jumia, les avancées réalisées dans la monétisation de sa plateforme. Le groupe indique avoir privilégié la préservation de ses marges et la rentabilité de ses unités plutôt que la recherche de volumes supplémentaires au détriment de la performance économique.
Sur le plan opérationnel, la perte d’exploitation s’est réduite à 12,4 millions de dollars (environ 7,44 milliards FCFA), contre 16,5 millions de dollars (9,9 milliards FCFA) un an auparavant, soit une amélioration de 25 %.
La perte avant impôt s’est également contractée, passant de 16,3 millions de dollars (9,8 milliards FCFA) au deuxième trimestre 2025 à 10,9 millions de dollars (6,54 milliards FCFA) en glissement annuel, soit une réduction de 33 %.
L’amélioration la plus marquée concerne l’EBITDA ajusté. Jumia a enregistré une perte d’EBITDA ajusté de 8,7 millions de dollars (5,22 milliards FCFA), contre 13,6 millions de dollars (8,16 milliards FCFA) au deuxième trimestre 2025. La perte diminue ainsi de 36 % sur un an.
Progression soutenue des commandes
Les indicateurs commerciaux confirment également une dynamique favorable. Le nombre de commandes a augmenté de 28 % sur un an, tandis que le nombre de clients actifs trimestriels a progressé de 24 %.
Pour Jumia, cette croissance intervient malgré plusieurs contraintes pesant sur l’environnement opérationnel. La société fait notamment état de perturbations de l’approvisionnement dans les catégories à plus forte valeur ajoutée, notamment les téléphones et les produits électroniques.
La hausse des prix du carburant, qui affecte les coûts et le pouvoir d’achat sur plusieurs marchés, constitue également un facteur de pression. En Côte d’Ivoire, la demande a par ailleurs ralenti dans un contexte de baisse des prix du cacao à la production.
Par pays, le Nigeria s’est particulièrement distingué au cours du trimestre. Le GMV y a progressé de 36 % sur un an, tandis que les commandes ont augmenté de 34 %.
Les ventes réalisées par les vendeurs internationaux ont également enregistré une forte progression. Leur volume brut de ventes a augmenté de 96 % sur un an au deuxième trimestre 2026.
Sur le plan financier, la position de liquidités de Jumia s’élevait à 48,3 millions de dollars à la fin du deuxième trimestre. Elle a diminué de 14,3 millions de dollars au cours du trimestre, contre une baisse de 12,4 millions de dollars au deuxième trimestre 2025.
Par David Yaméogo


