Le Ghana s’apprête à renforcer considérablement ses capacités de production électrique avec la construction d’une centrale thermique au gaz de 1 200 mégawatts (MW), qui deviendra la plus grande installation de production d’électricité du pays. Le projet, annoncé par le président John Dramani Mahama, dépassera en capacité la centrale hydroélectrique d’Akosombo, dont la puissance installée est de 1 020 MW.
Lors d’une rencontre avec la communauté ghanéenne à New York, le vendredi 25 septembre 2026, le chef de l’État a indiqué que le gouvernement entend signer l’accord relatif à cette infrastructure avant la fin de l’année. « Nous allons construire la plus grande capacité thermique du Ghana. Avant la fin de cette année, nous allons signer 1 200 mégawatts de puissance thermique au gaz », a-t-il déclaré.
Cette initiative s’inscrit dans la stratégie énergétique du Ghana visant à consolider la sécurité de son approvisionnement électrique, dans un contexte marqué par la transition énergétique mondiale, le développement des énergies renouvelables et la progression des véhicules électriques. Selon le président Mahama, le renforcement des capacités thermiques doit également permettre d’éviter la création d’actifs énergétiques susceptibles de devenir obsolètes à long terme.
Le gouvernement privilégie par ailleurs la mise en place d’une capacité publique de production, malgré les propositions des producteurs indépendants d’électricité (IPP), qui se disent désormais disposés à investir dans 500 MW supplémentaires. Ces opérateurs, qui avaient auparavant menacé d’interrompre leurs fournitures en raison des arriérés de paiement, seraient aujourd’hui dans une situation financière plus stable grâce aux mesures prises par les autorités.
Le président ghanéen a affirmé que son gouvernement avait apuré les dettes du secteur énergétique et réorganisé la Compagnie d’électricité du Ghana (ECG) afin de garantir une meilleure régularité des paiements aux producteurs. La nouvelle organisation prévoit notamment de donner la priorité au règlement des factures des IPP sur les ressources collectées par la compagnie, avant d’engager certaines dépenses d’équipement et d’approvisionnement.
« Nous avons amené des IPP, et tout le monde menaçait de couper le courant. Aujourd’hui, je peux vous dire que nous avons remboursé nos dettes énergétiques. Et nous sommes à jour avec les paiements », a déclaré John Dramani Mahama, soulignant que cette réorganisation a contribué à stabiliser l’approvisionnement en électricité.
Au-delà de la production électrique, le Ghana entend également relancer les investissements dans son secteur pétrolier et gazier pour garantir la disponibilité du combustible nécessaire à ses futures centrales thermiques. Le président a rappelé qu’à son arrivée au pouvoir, le secteur était confronté à un climat de défiance des investisseurs, marqué notamment par le transfert des opérations d’Eni vers la Côte d’Ivoire et le recul de la production du champ pétrolier Jubilee à environ 60 000 barils par jour.
La dynamique semble désormais s’inverser. Selon le chef de l’État, les partenaires du champ Jubilee prévoient d’investir 2 milliards de dollars pour le forage de 20 nouveaux puits, tandis qu’Eni mobilise 1,5 milliard de dollars pour remettre en exploitation le reste du champ gazier de Sankofa. Ces investissements doivent contribuer à accroître la production nationale d’hydrocarbures et à renforcer l’approvisionnement en gaz des installations électriques.
John Dramani Mahama a également indiqué que la production pétrolière du Ghana avait progressé de près de 38 % depuis 2025. Il a ajouté que plusieurs grandes compagnies internationales, dont ExxonMobil et Shell, manifestaient un intérêt renouvelé pour les opportunités d’investissement dans le pays.
Par Drissa Ouattara


