Eurobond : Le Kenya lève 2,25 milliards de dollars pour racheter une partie de sa dette

Le Kenya marque un nouveau tournant dans son accès au financement international. La première économie d’Afrique de l’Est a levé 2,25 milliards de dollars sur les marchés obligataires internationaux dans le cadre d’une opération visant à racheter une partie de sa dette. Cette levée de fonds intervient dans un contexte plus favorable, caractérisé par un recul progressif des coûts d’emprunt et un regain d’intérêt des investisseurs pour les actifs africains.

Selon Bloomberg, l’opération s’est structurée en deux tranches. La première concerne une émission de 900 millions de dollars sous forme d’obligations à sept ans assorties d’un rendement de 8,1 %. La seconde tranche, plus importante, porte sur 1,35 milliard de dollars, avec une maturité de 12 ans et un rendement de 8,95 %. Ces niveaux de rendement reflètent encore une prime de risque significative, mais ils témoignent d’une amélioration par rapport aux conditions observées ces dernières années.

Cette émission confirme que les pays africains reviennent plus tôt que prévu sur les marchés internationaux en 2026 afin de sécuriser des financements extérieurs à des conditions jugées plus avantageuses. Cette dynamique est facilitée par le resserrement des écarts de rendement entre les obligations des marchés émergents et les bons du Trésor américain, un indicateur clé de la perception du risque par les investisseurs.

Le Kenya avait déjà effectué deux incursions sur le marché des euro-obligations en 2025, signe d’une réouverture progressive après une période prolongée marquée par un accès limité au financement extérieur en raison du durcissement des conditions financières mondiales.

Au-delà du cas kényan, cette opération s’inscrit dans un mouvement continental plus large. Des pays comme le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Cameroun et la République du Congo ont également renoué avec les émissions obligataires en dollars. Pour de nombreux analystes, ces opérations traduisent une réouverture décisive de la fenêtre euro-obligataire africaine, restée quasiment fermée pendant près de deux ans sous l’effet de la hausse des taux d’intérêt mondiaux et de l’aversion accrue au risque.

Par Amhed Coulibaly

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