Financement climatique : Le FIDA et Equity Group lancent ARCAFIM, un mécanisme de 120 milliards FCFA destiné à financer 260 000 petits producteurs en Afrique de l’Est.

Le Fonds international de développement agricole (FIDA) et Equity Group ont lancé, le vendredi 4 septembre 2026 à Kigali, le Mécanisme africain de financement de l’adaptation climatique en milieu rural (ARCAFIM). Doté de 200 millions USD, soit 120 milliards de FCFA, et déployé sur 12 ans au Kenya, en Ouganda, en Tanzanie et au Rwanda, le dispositif doit faciliter l’accès au financement pour 260 000 petits producteurs et 500 entreprises rurales.

Sur les 200 millions USD mobilisés, 180 millions USD (108 milliards de FCFA) seront destinés aux prêts et environ 20 millions USD, soit 12 milliards de FCFA, à l’assistance technique. Les fonds consacrés aux prêts doivent être réinvestis sur environ quatre cycles, avec l’objectif de générer quelque 266 millions USD (159,6 milliards de FCFA) de financements cumulés pour les microentreprises, les PME rurales et les petits producteurs agricoles.

Le dispositif repose surtout sur un partage des risques entre capitaux publics concessionnels et ressources privées. Equity Group apportera 90 millions USD sur ses propres ressources, soit 54 milliards de FCFA, l’équivalent des financements concessionnels mobilisés. Cela démontre que la banque ne se limite pas à gérer les fonds apportés par les bailleurs : elle engage également son propre bilan dans le financement des activités rurales exposées aux risques climatiques.

La couverture du risque est organisée en plusieurs tranches. Les partenaires financiers internationaux prendront en charge une tranche de premières pertes, tandis qu’Equity Group partagera le risque sur la tranche mezzanine et assumera celui lié à la tranche senior. Ce montage doit permettre de réduire le risque perçu par les institutions financières et de rendre davantage de projets ruraux éligibles au crédit.

Le mécanisme vise ainsi à orienter davantage de financements vers les petits producteurs et les entreprises rurales, encore confrontés à un accès limité au crédit. ARCAFIM ciblera ainsi 260 000 petits producteurs et 500 microentreprises et PME rurales dans les quatre pays concernés. Les femmes représenteront au moins 50 % des bénéficiaires et les jeunes, 30 %.

Les financements doivent notamment soutenir des investissements liés à l’irrigation et à la gestion de l’eau, à l’élevage et aux filières laitières, au stockage après récolte, aux énergies renouvelables ainsi qu’à la transformation agroalimentaire. Ils doivent aussi aider les bénéficiaires à adapter leurs activités aux effets du changement climatique, tout en augmentant leur production, leurs revenus et leur capacité d’investissement.

L’impact attendu doit s’étendre aux communautés rurales. En effet, le programme prévoit de renforcer la sécurité alimentaire d’environ 1,2 million de personnes et de toucher directement ou indirectement 1,5 million de personnes.

Les 20 millions USD consacrés à l’assistance technique, soit 12 milliards de FCFA, doivent, de leur côté, renforcer les capacités des institutions de microfinance et des coopératives d’épargne et de crédit appelées à participer au mécanisme. Cette composante doit aussi permettre aux producteurs et aux entreprises rurales de mieux identifier les investissements adaptés aux risques climatiques auxquels ils sont confrontés.

L’ambition du FIDA et d’Equity Group est de faire du financement de l’adaptation climatique une activité durable pour les institutions financières africaines. ARCAFIM s’appuie notamment sur une taxonomie de l’adaptation climatique destinée à aider les institutions financières à identifier les investissements pouvant être considérés comme résilients et à développer des produits adaptés.

Le Fonds vert pour le climat est l’un des principaux partenaires financiers du mécanisme, avec un engagement de 55 millions USD, soit 33 milliards de FCFA. Le ministère finlandais des Affaires étrangères, le Fonds nordique de développement, le gouvernement danois et l’Union européenne participent également au financement.

Le lancement à Kigali constitue ainsi la première étape d’un dispositif dont les promoteurs envisagent déjà la réplication. Après l’Afrique de l’Est, le FIDA et Equity Group prévoient d’étudier une extension à l’Afrique australe et à l’Afrique de l’Ouest. À terme, ARCAFIM veut démontrer que le partage des risques peut rendre le financement de l’adaptation climatique viable pour les banques commerciales africaines.

Par Bernadette W. Gansonré

Dollar : 600 FCFA

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