La République démocratique du Congo (RDC) avance dans la mise en place de sa bourse. Le Journal officiel de la République a publié, mercredi 2 septembre 2026, dans un numéro spécial, la loi n° 26/034 du 20 août 2026 relative aux marchés boursiers. Promulgué par le président Félix Tshisekedi, ce texte établit le cadre juridique devant régir la future Bourse des valeurs mobilières de Kinshasa, la Kinshasa Stock Exchange (KSE), ainsi que l’autorité chargée de superviser le marché.
Portée par le ministère des Finances, cette réforme vise à diversifier les sources de financement de l’économie congolaise et à offrir aux entreprises un accès à des ressources à moyen et long terme, en complément du crédit bancaire. Les grandes entreprises, mais également les petites et moyennes entreprises (PME) et les start-up, pourront notamment lever des capitaux en cédant une partie de leur capital sous forme d’actions ou mobiliser des ressources par l’émission d’obligations.
Pour les autorités congolaises, la création de ce marché doit également permettre de mieux mobiliser l’épargne nationale. « L’épargne nationale sera valorisée et les Congolais deviendront actionnaires dans les entreprises nationales et multinationales de tous les secteurs de notre économie », a déclaré le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, sur son compte X.
L’objectif est ainsi d’orienter une partie de l’épargne des ménages et des investisseurs vers le financement des entreprises opérant en RDC. Le gouvernement entend notamment faire des entreprises minières des acteurs importants de ce futur marché, tout en ciblant un éventail plus large d’entreprises locales.
Mais si le cadre légal est désormais établi, la Bourse de Kinshasa reste encore à construire. Plusieurs étapes devront être franchies avant le démarrage effectif des activités. Le gouvernement devra d’abord mettre en place le comité chargé de l’opérationnalisation du marché et valider sa feuille de route, puis installer l’Autorité de régulation des marchés financiers (ARMF), prévue par la nouvelle loi.
Cette autorité devra ensuite élaborer le règlement général du marché, qui fixera notamment les règles applicables aux opérations boursières, avant de procéder à l’agrément de la Kinshasa Stock Exchange. Les infrastructures indispensables au fonctionnement du marché devront également être mises en place, notamment un dépositaire central des titres et des banques chargées du règlement des transactions.
La dernière étape concernera les infrastructures numériques. La future Bourse devra disposer d’une plateforme de cotation et de systèmes de post-marché compatibles avec le système national de paiement supervisé par la Banque centrale du Congo (BCC).
Le dispositif prévoit également des incitations fiscales destinées à encourager les entreprises à s’introduire en Bourse, notamment une réduction du taux de l’impôt sur les bénéfices et profits (IBP). L’enjeu sera désormais de convaincre les premières entreprises de faire le choix de la cotation et de créer suffisamment de liquidité pour attirer les investisseurs.
La réforme est l’aboutissement d’un processus législatif engagé en 2025. Le projet de loi avait notamment été présenté par le ministre des Finances devant le Sénat en juin 2026, avant la poursuite de son examen au Parlement. Les débats avaient mis en évidence les limites du système financier congolais en matière de financement à long terme et la nécessité de disposer d’un marché capable de mobiliser davantage de capitaux domestiques et internationaux.
La mise en place de la KSE bénéficie également de l’accompagnement de la Société financière internationale (SFI), avec laquelle le ministère des Finances a conclu un partenariat en juin 2026. Cette collaboration doit contribuer à la mise en place du cadre réglementaire et des infrastructures nécessaires au fonctionnement du marché.
Selon le calendrier communiqué par le ministère des Finances, les activités de la Kinshasa Stock Exchange devraient démarrer entre juin et décembre 2027. Cette période devrait notamment voir les premières cotations et transactions sur le marché.
Par Drissa Ouattara


