Le Gabon définit un nouveau cadre stratégique pour les cinq prochaines années avec le Plan national de croissance et de développement (PNCD 2026-2030). Pensé comme la feuille de route économique du pays, ce programme traduit la volonté des autorités de hisser la croissance vers un rythme à deux chiffres à l’horizon 2030, en s’appuyant sur une intensification des investissements publics et privés.
Ce plan s’inscrit dans la continuité du PNDT et repose sur un portefeuille de 293 projets structurants, pour une enveloppe globale estimée à 4 536 milliards de FCFA. L’ambition est de transformer en profondeur plusieurs piliers de l’économie nationale, à travers des interventions ciblées dans des secteurs clés.
Cette stratégie témoigne de la volonté du pays d’augmenter significativement le niveau d’investissement dans le PIB. Le gouvernement vise ainsi une progression de 32,7 % en 2026 à 37,5 % en 2030, un levier considéré comme essentiel pour soutenir une croissance moyenne de 6,5 % sur la période. Cette dynamique devrait notamment se traduire par une modernisation accélérée des infrastructures, qu’elles soient énergétiques, hydrauliques, routières, ferroviaires ou aéroportuaires, mais aussi par un renforcement des secteurs productifs comme le numérique, l’agriculture, les mines et le logement.
Pour rendre cette trajectoire possible, l’exécutif mise sur une architecture de financement diversifiée. Les ressources internes constituent la première base, avec 2 045 milliards de FCFA attendus, appuyés par une volonté d’élargir les recettes hors pétrole, appelées à passer de 14,8 % du PIB en 2025 à 21,6 % en 2030 grâce à une réforme progressive du système fiscal et à une meilleure efficacité de la dépense publique.
Les financements extérieurs devraient contribuer à hauteur de 1 276 milliards de FCFA, mobilisés auprès des partenaires techniques et financiers, via des prêts concessionnels, des mécanismes climatiques et des investisseurs internationaux. À cela s’ajoute le troisième pilier, les partenariats public-privé, estimés à 1 197 milliards de FCFA, qui placent le secteur privé au centre de la dynamique de transformation économique, avec des outils d’incitation et de garantie destinés à renforcer l’investissement productif.
Par Leila Toé


