Ghana : COCOBOD prévoit une récolte cacaoyère de 650 000 tonnes pour la campagne 2025/2026

Après plusieurs campagnes perturbées par les maladies, l’orpaillage illégal et les difficultés climatiques, le Ghana veut consolider le redressement de sa filière cacao. Le Ghana Cocoa Board (COCOBOD) prévoit une production de 650 000 tonnes métriques pour la campagne 2025/2026, un objectif qui confirmerait la reprise progressive du secteur.

Selon le directeur général de l’institution, Dr Randy Abbey, les niveaux actuels de production laissent entrevoir une campagne plus stable, dans la continuité du rebond observé en 2024/2025, où les volumes ont avoisiné les 700 000 tonnes. La filière sort ainsi progressivement d’une période difficile marquée par une forte chute de la production à 531 000 tonnes en 2023/2024.

Dans ce contexte, le Ghana cherche désormais à stabiliser durablement la filière à travers une série de réformes touchant aussi bien les revenus des producteurs que le financement du secteur.

Le gouvernement a, à cet effet, validé un nouveau mécanisme de fixation des prix garantissant aux producteurs environ 70 % du prix mondial du cacao. Le système prévoit également des ajustements réguliers des prix afin de mieux absorber les variations du marché international, ainsi qu’une différenciation entre les campagnes principales et les campagnes intermédiaires.

Pour COCOBOD, cette réforme doit permettre de mieux protéger les revenus des producteurs face à la volatilité des cours mondiaux et à l’augmentation des coûts de production. Le régulateur reconnaît toutefois que cette politique pèsera davantage sur ses finances et sur l’ensemble de la chaîne de valeur.

Dans le même temps, le Ghana prépare une transformation profonde du financement de sa filière cacao. À partir de la campagne 2026/2027, les achats de cacao devraient être financés via des obligations domestiques libellées en cedis, pour un montant estimé à environ un milliard de dollars.

Ce mécanisme doit remplacer le système historique de prêts syndiqués offshore utilisé depuis plus de trente ans. Dr Randy Abbey a indiqué que cette transition vise à réduire l’exposition au risque de change et à sécuriser le financement intégral des achats de cacao, alors que COCOBOD gère actuellement une dette estimée à près de 32 milliards de cedis.

Le pays ambitionne également d’accélérer la transformation locale de sa production, avec l’objectif qu’au moins 50 % des fèves de cacao soient transformées sur place à partir de la campagne 2026/2027.

Par Bernadette W. Gansonré

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