Ghana : en février 2026, l’inflation annuelle recule à 3,3 %, confirmant 14 mois consécutifs de désinflation

Au Ghana, la dynamique de désinflation se consolide progressivement. En février 2026, l’inflation annuelle est tombée à 3,3 %, contre 3,8 % en janvier et 23,1 % un an plus tôt. Ce niveau marque le 14e mois consécutif de baisse et traduit un net apaisement des pressions inflationnistes. Parallèlement, en rythme mensuel, les prix n’ont progressé que de 0,8 % entre janvier et février, ce qui confirme le ralentissement observé depuis plusieurs mois.

Dans le détail, l’inflation alimentaire a nettement ralenti, passant de 3,9 % en janvier à 2,4 % en février. Cette baisse s’explique par celle des prix des légumes, des céréales et de certains produits frais. En revanche, l’inflation hors produits alimentaires a légèrement progressé à 4,0 %, contre 3,8 % le mois précédent, ce qui traduit la persistance de tensions dans certains segments des services.

L’inflation des biens a reculé à 3,2 %, contre 3,7 % en janvier 2026. Dans le même temps, celle des services est également descendue à 3,7 %, contre 4,2 %, renforçant la tendance générale à la modération.

Cependant, malgré cette baisse globale, certaines divisions demeurent sous pression. En premier lieu, le logement, l’eau, l’électricité, le gaz et les autres combustibles affichent la plus forte inflation annuelle, à 12,6 %. Cette catégorie reste le principal moteur des tensions sur les prix, contribuant à hauteur de 1,28 point de pourcentage à l’inflation nationale.

Dans la même logique, les loisirs, le sport et la culture enregistrent une inflation de 10,3 %, traduisant une hausse des coûts des services récréatifs et culturels. De leur côté, les assurances et services financiers progressent de 8,8 %. S’agissant de l’éducation, l’inflation s’établit à 7,1 %, avec une hausse mensuelle de 4 % des frais de scolarité.

À l’inverse, le secteur des transports joue un rôle déterminant dans la modération des prix. En effet, il enregistre une chute de 7,5 %, reflétant la baisse continue des prix du carburant et des coûts liés à la mobilité. De même, le secteur de l’information et de la communication affiche la plus faible inflation (0,8 %), contribuant ainsi à stabiliser l’indice global.

Quant à la santé, bien que moins volatile, elle demeure intégrée dans la dynamique des services, avec des hausses modérées liées aux prestations médicales et aux produits pharmaceutiques.

En termes de contribution à l’inflation globale, le logement et les services publics ont apporté 1,28 point de pourcentage au taux national, confirmant leur rôle central dans la dynamique actuelle des prix. Pour leur part, l’alimentation et les boissons non alcoolisées ont contribué à hauteur de 1,02 point de pourcentage. Dans le même esprit, le secteur de l’éducation a ajouté 0,47 point de pourcentage à l’inflation globale, sous l’effet notamment de la hausse des frais de scolarité. Quant aux loisirs et à la culture, ils ont contribué à hauteur de 0,36 point de pourcentage.

Au total, les dix principaux postes de dépense expliquent à eux seuls 87,4 % de l’inflation totale enregistrée sur la période. Autrement dit, la dynamique des prix reste concentrée sur un nombre limité de composantes clés du panier de l’indice des prix à la consommation.

Par ailleurs, les écarts régionaux demeurent significatifs. La région du Nord-Est affiche le taux le plus élevé, à 8,9 %, tandis que la région de Savannah enregistre une déflation de 5,6 %. En raison de son poids de 28,5 % dans le panier national, le Grand Accra contribue à lui seul à 41,5 % de l’inflation totale, avec un taux régional de 4,8 %. Ashanti et la région de l’Est suivent en termes de contribution. Ces disparités s’expliquent principalement par les différences d’approvisionnement, les coûts de transport et l’accès aux marchés.

Selon l’origine, l’inflation des produits importés chute fortement à 0,6 %, contre 2,0 % auparavant. Cette évolution reflète à la fois la stabilité du cedi et l’atténuation des pressions extérieures. À contrario, les produits locaux enregistrent une inflation de 4,5 %, légèrement inférieure au mois précédent.

Enfin, le Dr Alhassan Iddrisu a formulé des recommandations ciblées à l’intention des différents acteurs économiques. Pour lui, avec le ralentissement de l’inflation, les entreprises disposent désormais d’une marge pour investir dans l’efficacité, renforcer les chaînes d’approvisionnement locales, réduire les inefficacités et répercuter ces gains en prix plus stables pour les consommateurs.

Il a conseillé aux ménages d’établir leur budget avec davantage de visibilité et de prudence. Il a également exhorté le gouvernement à maintenir le cap en matière de discipline budgétaire, à poursuivre les efforts de stabilisation des prix alimentaires et à cibler les investissements dans le stockage, l’irrigation, le transport et l’accès aux marchés, afin de réduire durablement les disparités régionales.

Par Bernadette W. Gansonré

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