La Banque du Ghana entend renforcer la gouvernance des banques étrangères installées sur son territoire. C’est ce qu’a annoncé le gouverneur de l’institution, Dr Johnson P. Asiama, le 3 juin 2025, lors d’une rencontre avec les directeurs généraux des banques, organisée à l’issue du Comité de politique monétaire. À cette occasion, la Banque centrale a également décidé de maintenir son principal taux directeur à 28 %, dans un contexte économique encore marqué par des tensions inflationnistes.
Mais l’annonce majeure de cette rencontre a porté sur cinq mesures réglementaires que la Banque du Ghana s’apprête à mettre en œuvre, avec pour objectif affiché de renforcer la stabilité financière, l’équité et la discipline du marché. Parmi elles, la question de la gouvernance locale des filiales de banques étrangères a été mise en avant.
Selon Dr Asiama, les décisions stratégiques et en matière de risque sont encore trop souvent prises au siège international des groupes bancaires, puis simplement validées localement. Une pratique qui affaiblit, selon lui, la supervision nationale et la responsabilité des organes de gouvernance présents au Ghana. Pour y mettre un terme, une nouvelle directive exigera que les décisions importantes soient désormais prises par les structures locales. Toute délégation vers une entité étrangère devra obtenir l’aval préalable de la Banque centrale. Les conseils d’administration qui se contenteront de valider des décisions prises à l’extérieur sans débat local risquent des sanctions. De même, les mécanismes de gestion des risques devront tenir compte des réalités spécifiques du marché ghanéen, sous peine de sanctions allant jusqu’à des audits de compétence et de probité.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la directive sur l’externalisation, qui entre en vigueur le 1er juillet 2025. À partir de cette date, toutes les banques devront revoir leurs accords d’externalisation pour s’assurer qu’ils respectent les nouvelles exigences.
Dr Asiama a insisté sur le fait que cette décision ne vise pas à pénaliser les banques étrangères, mais à renforcer leur responsabilité envers le pays. « Ce n’est pas une mesure anti-étrangère, mais pro-responsabilité. Chaque banque opérant au Ghana doit être gouvernée dans l’intérêt de notre pays, de ses régulateurs et de sa population », a-t-il déclaré.
Par Drissa Ouattara


