Ghana : la croissance ralentit au troisième trimestre malgré l’élan de l’agriculture

L’économie ghanéenne a marqué un net ralentissement au troisième trimestre 2025, avec une progression de 5,5 %, contre un taux révisé de 6,5 % au trimestre précédent. Ces données, publiées mercredi à Accra par le statisticien gouvernemental Alhassan Iddrisu, confirment un essoufflement après plusieurs mois de reprise soutenue.

Selon les comptes nationaux, la modération s’explique par un refroidissement dans les secteurs des services et de l’industrie, traditionnellement moteurs de la croissance. L’activité industrielle n’a progressé que de 0,8 %, contre 2,3 % précédemment, malgré la bonne tenue de la manufacture qui a affiché une hausse de 3,9 %, meilleure performance du segment. Les constructions, mines et carrières sont restées atones, pénalisées par une demande intérieure et extérieure moins dynamique.

Le secteur des services a également perdu de la vitesse, avec une croissance ramenée à 7,6 % après 9,6 % au deuxième trimestre. Le commerce, le transport et les services d’information ont tous contribué à ce repli, tandis que les services financiers continuent de s’ajuster à un cadre réglementaire renforcé.

À contre-courant, l’agriculture s’est imposée comme le pilier du trimestre. Le secteur a bondi de 8,6 %, contre un taux révisé de 7,1 % trois mois plus tôt. La pêche, en particulier, a enregistré une production robuste, portée par de meilleures conditions climatiques et des programmes publics renforcés. Cette performance agricole a permis de compenser partiellement la faiblesse des autres secteurs et de soutenir la croissance globale.

À l’approche de la sortie du Ghana de son programme de soutien triennal avec le FMI, le gouvernement réaffirme sa volonté de maintenir une discipline budgétaire et monétaire stricte. Les autorités visent une croissance de 4 % en 2025 et 4,8 % en 2026, portée par des réformes structurelles et une stabilité budgétaire renforcée. La maîtrise de la dette, l’augmentation des recettes domestiques et une meilleure efficacité de la dépense publique restent au cœur de la stratégie économique post-FMI.

La politique monétaire évolue également. En novembre, la Banque du Ghana a procédé à une réduction historique de 350 points de base, ramenant son taux directeur à 18 %, sa plus forte baisse en une seule décision depuis des années. Le gouverneur Johnson Asiama a précisé que le Comité de politique monétaire avait massivement voté en faveur de cet assouplissement, estimant que les conditions macroéconomiques s’amélioraient et que les perspectives d’inflation se stabilisaient. La banque centrale laisse par ailleurs entrevoir de nouvelles baisses début 2026, portées par la modération de l’inflation et la détente progressive sur le marché des changes.

Par Drissa Ouattara

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