vendredi 16 janvier 2026

Ghana : Le gouvernement cherche des investisseurs privés pour relancer le système de santé.

Confronté à l’obsolescence de ses infrastructures de diagnostic et de traitement, le Ghana cherche des investisseurs privés et des institutions de financement du développement pour reconstruire son système de santé. Le président John Dramani Mahama a fait cette annonce lors du sommet WHX Leaders Africa, soulignant que le financement public seul ne peut plus soutenir des hôpitaux publics dont les équipements critiques sont largement hors service.

Le Ghana fait face à une progression rapide des maladies non transmissibles, qui représentent plus de 45 % de la morbidité nationale, rendant le dépistage précoce essentiel. Pourtant, de nombreux équipements essentiels installés dans les hôpitaux publics (IRM, scanners et laboratoires), financés à hauteur de plus de 250 millions de dollars, sont aujourd’hui hors service. Cette situation expose les faiblesses structurelles du système de santé et restreint l’accès aux soins, notamment pour les populations vivant en dehors des grandes villes comme Accra et Kumasi. Elle ralentit également le déploiement du nouveau Fonds fiduciaire médical MahamaCare, doté de 2,1 milliards de GH¢ (environ 200 millions de dollars).

Face à cette situation, le président a souligné qu’une implication accrue du secteur privé apparaît indispensable pour restaurer rapidement les services essentiels, affirmant que les partenariats public-privé ne sont plus une option mais une nécessité. Le gouvernement prévoit d’orienter ses investissements vers l’imagerie diagnostique, les laboratoires, le traitement du cancer, la dialyse et les services de génie biomédical via des partenariats structurés avec des opérateurs privés. L’objectif est de créer un modèle durable et d’éviter que les équipements publics ne tombent à nouveau en panne faute de maintenance et de chaînes d’approvisionnement fiables.

Le président Mahama a également encouragé les fabricants de produits pharmaceutiques, les producteurs de vaccins, les entreprises de technologies médicales et les sociétés de biotechnologie à investir dans des pôles de production locaux, soulignant que la pandémie de COVID-19 avait démontré les risques liés à la dépendance aux chaînes d’approvisionnement étrangères.

Vers une surveillance modernisée et une production pharmaceutique locale


Le ministre de la Santé, Kwabena Mintah Akandoh, a présenté la mise en place d’un système national de veille sanitaire et le développement d’outils de santé numérique pour améliorer la surveillance et l’allocation des ressources. Il a souligné le rôle central des soins primaires et du Fonds fiduciaire Delta-Medica, dédié à la formation des professionnels de santé. De son côté, la ministre du Commerce, Elizabeth Ofosu Adjare, a précisé que le Ghana aligne ses normes réglementaires sur les standards internationaux et développe des parcs industriels pour produire des médicaments et dispositifs médicaux, profitant du marché unifié offert par la Zone de libre-échange continentale africaine.

Le président ghanéen a conclu que l’alignement politique des gouvernements africains et l’intérêt croissant des investisseurs créent une fenêtre favorable pour déployer des capitaux dans le secteur de la santé, offrant à la fois des opportunités financières et un impact social majeur.

Par Bernadette W.Gansonré

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