Ghana : le marché des actifs virtuels entre dans le périmètre de la supervision financière de la Banque Centrale

Le Ghana engage une nouvelle étape dans l’encadrement de son marché des actifs virtuels. Utilisé par plus de trois millions de personnes, ce marché, qui s’est développé pendant plusieurs années en dehors d’un dispositif de supervision dédié, fait désormais l’objet d’un cadre réglementaire formel. La Banque du Ghana, la Securities and Exchange Commission (SEC) et le Financial Intelligence Centre (FIC) mettent en œuvre la Loi sur les fournisseurs de services d’actifs virtuels de 2025, qui établit notamment des obligations d’enregistrement, de licence et de supervision.

Cette réforme intervient alors que les autorités estiment que des milliards de dollars de flux d’actifs virtuels sont déjà liés au Ghana. Un exercice d’enregistrement mené en 2025 avait par ailleurs permis d’identifier plus de 100 prestataires de services, actifs notamment dans les paiements, les échanges de cryptomonnaies, les services de portefeuille, le courtage et le conseil en investissement.

Pour les autorités ghanéennes, l’intégration de ces activités dans le périmètre réglementaire doit permettre d’améliorer la protection des consommateurs et la traçabilité des transactions. Elle doit également offrir une meilleure visibilité sur les risques susceptibles d’affecter le système financier, notamment à travers les paiements, les mouvements de capitaux et la stabilité financière.

Cette évolution s’inscrit dans la perspective fixée par le Ghana de mettre pleinement en œuvre son cadre de réglementation des actifs virtuels d’ici 2027. L’enjeu n’est donc plus pour les autorités de déterminer si les cryptomonnaies ont une place dans l’économie ghanéenne, mais de définir les conditions dans lesquelles ce marché peut se développer dans un environnement encadré.

La position officielle de la Banque du Ghana précise ainsi que les actifs virtuels ne peuvent plus rester en dehors du champ de la réglementation financière. La Loi 1154 fournit la base juridique pour l’enregistrement, l’octroi des licences et la supervision des fournisseurs de services. La Banque du Ghana, la SEC et le FIC se répartissent les responsabilités en fonction de la nature des activités exercées et des risques associés.

Cette approche intervient dans un contexte où le secteur des actifs virtuels est déjà suffisamment développé pour avoir des interactions avec plusieurs composantes du système financier. Les millions d’utilisateurs recensés, ainsi que l’activité des plateformes d’échange, des services de conservation, des transferts et des produits d’investissement, ont progressivement accru le lien entre les actifs virtuels, les paiements numériques, les banques et les marchés financiers.

L’exercice d’enregistrement réalisé en 2025 a notamment permis aux autorités d’identifier les différents acteurs présents sur ce marché et d’évaluer les risques associés à leurs activités. En l’absence d’une supervision efficace, les services liés aux actifs virtuels peuvent exposer les utilisateurs à différents risques et créer des vulnérabilités susceptibles de se répercuter sur le système financier.

Par Amhed Coulibaly

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