Ghana : l’entreprise publique Ghana Gas tranchera début 2027 sur le financement de 500 millions de dollars du gazoduc Ouest-Est de 278 kilomètres

Ghana Gas entend franchir une étape décisive dans son projet de gazoduc Ouest-Est, dont le coût est estimé à 500 millions de dollars, soit environ 300 milliards de FCFA. L’entreprise publique ghanéenne vise une décision finale d’investissement (FID) au plus tard au premier trimestre 2027 pour cette infrastructure de 278 kilomètres, destinée à acheminer le gaz naturel depuis les installations de traitement situées dans l’ouest du pays vers les principaux pôles de consommation du sud-est.

Le projet intervient dans un contexte de hausse attendue de la demande gazière au Ghana. Selon Ghana Gas, la consommation nationale pourrait atteindre 715 millions de pieds cubes standards par jour (mmscfd) d’ici 2030, contre environ 502 mmscfd actuellement. Le futur gazoduc doit ainsi renforcer le réseau domestique d’approvisionnement, accompagner la croissance industrielle et offrir une nouvelle capacité de transport entre les zones de production et les centres de consommation.

La directrice générale de Ghana Gas, Judith Adjobah Blay, a indiqué que l’entreprise travaille actuellement à la mobilisation des financements nécessaires à la réalisation du projet. Elle a précisé que l’objectif était d’engager le projet d’ici la fin du premier trimestre 2027, les modalités de financement figurant parmi les principales questions encore à résoudre avant la prise de décision finale d’investissement.

Le gazoduc doit notamment relier les ressources gazières et les infrastructures de transformation de l’ouest du Ghana aux grands centres industriels du sud-est, en particulier Tema. Cette connexion répond à une configuration particulière du système énergétique ghanéen, marqué par une concentration importante des ressources et des installations de traitement à l’ouest, alors qu’une part significative de la demande industrielle et énergétique se situe davantage à l’est.

La mise en service de cette nouvelle infrastructure permettrait ainsi de disposer d’une voie supplémentaire pour transporter le gaz domestique vers les zones où la demande est la plus forte. Pour les autorités et les opérateurs du secteur, l’enjeu est également de réduire la pression exercée sur les infrastructures existantes et d’accroître la flexibilité du système d’approvisionnement.

La progression de la demande est étroitement liée aux ambitions industrielles du Ghana et aux besoins du secteur électrique. Un approvisionnement régulier en gaz naturel permet notamment aux centrales thermiques de fonctionner avec une source d’énergie domestique, avec la possibilité de réduire leur recours à des combustibles liquides plus coûteux lorsque les volumes de gaz sont disponibles et que les infrastructures de transport fonctionnent de manière fiable.

L’enclave industrielle de Tema constitue à cet égard un marché important pour le futur gazoduc. La concentration d’activités manufacturières et de transformation dans cette zone génère des besoins importants en électricité et en énergie thermique. Le développement d’une infrastructure permettant d’acheminer davantage de gaz vers cette région s’inscrit donc dans les efforts visant à soutenir l’activité industrielle tout en améliorant la disponibilité de l’énergie.

Le projet intervient également alors que Ghana Gas anticipe une augmentation de l’offre domestique. La production du champ Sankofa, exploité par Eni, devrait notamment progresser au cours des prochaines années. Selon Judith Adjobah Blay, elle pourrait atteindre environ 350 mmscfd en 2028, contre quelque 280 mmscfd actuellement. Cette augmentation offrirait des volumes supplémentaires susceptibles d’alimenter le marché intérieur à un moment où la consommation nationale devrait continuer à progresser.

Le gaz domestique occupe par ailleurs une place importante dans la stratégie énergétique du Ghana, notamment pour la production d’électricité. L’objectif affiché est de valoriser davantage les ressources nationales afin de limiter l’exposition aux combustibles importés et aux fluctuations des marchés internationaux. Le développement des infrastructures de transport apparaît dès lors comme un élément indispensable pour que l’augmentation de la production se traduise effectivement par une disponibilité accrue du gaz pour les consommateurs.

Le Ghana reste néanmoins dépendant d’approvisionnements extérieurs. Ghana Gas importe actuellement environ 70 mmscfd de gaz du Nigeria, selon les données communiquées par l’entreprise. Le futur gazoduc Ouest-Est ne supprimerait pas cette dépendance, mais l’augmentation de la production nationale et le renforcement des infrastructures de transport pourraient donner au pays davantage de flexibilité dans la gestion de son approvisionnement.

Parallèlement, Ghana Gas travaille sur la valorisation de volumes supplémentaires issus des champs Jubilee et TEN, exploités par Tullow. L’entreprise traite actuellement environ 130 mmscfd provenant de ces champs et pourrait disposer de 50 mmscfd supplémentaires. Ces volumes nécessiteraient toutefois des capacités de traitement additionnelles, notamment à travers une usine de traitement de gaz proposée.

Par Amhed Coulibaly

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