Ghana : les banques enregistrent plus de 60 milliards de FCFA de pertes sur prêts au premier semestre 2026

Le secteur bancaire ghanéen reste confronté au poids des créances douteuses. Au cours du premier semestre 2026, les banques ont enregistré 1,23 milliard de cédis ghanéens (GH¢), soit environ 60,87 milliards de FCFA, en pertes sur prêts et dépréciations, contre 893 millions de GH¢, équivalant à près de 44,19 milliards de FCFA, à la même période en 2025.

Cette progression de 38 % montre la persistance des difficultés liées à la qualité des actifs, malgré une amélioration notable de plusieurs indicateurs de risque. En un an, les établissements bancaires ont ainsi absorbé environ 337 millions de GH¢ supplémentaires, soit près de 16,68 milliards de FCFA, en pertes liées à des prêts et autres actifs dont la valeur a été réévaluée à la baisse.

Les données publiées dans le compte de revenus des banques de dépôt de la Banque du Ghana montrent que le nettoyage des portefeuilles de crédits demeure coûteux. Cette situation intervient alors que les banques cherchent à accroître le financement des entreprises et des ménages, à améliorer leur rentabilité et à accompagner la reprise de l’activité économique.

Les indicateurs relatifs aux prêts non performants présentent toutefois une évolution plus encourageante. Le ratio de prêts non performants, ou NPL, est ressorti à 16,1 % en juin 2026, contre 23,1 % un an plus tôt. Le ratio NPL ajusté, excluant les prêts classés dans la catégorie des pertes mais entièrement provisionnés, a également reculé à 4,6 %, contre 8,5 % en juin 2025.

Le stock global de prêts non performants s’est, pour sa part, établi à 19,9 milliards de GH¢, soit environ 984,85 milliards de FCFA, en juin 2026, contre 20,7 milliards de GH¢, équivalant à près de 1 024,44 milliards de FCFA, douze mois auparavant.

Ces chiffres traduisent une amélioration de la qualité du portefeuille de crédits, même si le niveau des créances douteuses reste élevé. La répartition des prêts non performants met en évidence la prédominance du secteur privé dans les difficultés de remboursement. Celui-ci représentait 98 % du total des NPL en juin 2026, contre 96,4 % un an plus tôt. La part du secteur public a, à l’inverse, diminué de 3,6 % à 2 % sur la même période.

Cette concentration s’explique notamment par l’exposition des banques aux entreprises opérant dans la fabrication, le commerce, la construction, les services et l’agriculture. Les tensions de trésorerie, la hausse des charges d’exploitation ou encore la baisse des revenus peuvent fragiliser la capacité de ces entreprises à honorer leurs engagements bancaires.

La Banque du Ghana demeure donc prudente quant à l’évolution des risques liés à la qualité des actifs. Avec un ratio NPL de 16,1 %, une part importante des portefeuilles bancaires reste exposée au risque de défaut. Pour les établissements de crédit, cette situation peut peser sur les bénéfices, les fonds propres et la capacité à accorder de nouveaux financements.

Les banques pourraient ainsi renforcer leurs exigences en matière de garanties, de qualité des dossiers financiers et de capacité de remboursement des emprunteurs. Le recouvrement des créances en difficulté constituera également un levier essentiel pour réduire la pression sur les bilans et améliorer la rentabilité.

Par Amhed Coulibaly

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