Le Ghana affiche un renforcement notable de ses réserves extérieures, qui ont atteint leur niveau le plus élevé depuis plus d’un an. Selon les dernières données de la Banque du Ghana (BoG), les réserves internationales brutes se sont établies à 14,4 milliards de dollars US au 18 mai 2026, contre 13,8 milliards de dollars US à fin décembre 2025, soit l’équivalent de 5,7 mois de couverture des importations.
Cette progression intervient dans un contexte d’amélioration de la position extérieure du pays. Le surplus du compte courant s’est accru à 3,10 milliards de dollars US au premier trimestre 2026, contre 2,43 milliards de dollars US sur la même période un an plus tôt. Une dynamique portée principalement par la hausse des recettes issues des exportations d’or et de cacao.
Le gouverneur de la Banque du Ghana, le Dr Johnson Pandit Asiama, a souligné que cette consolidation des réserves reflète également la résilience des flux financiers entrants, malgré une augmentation des paiements liés aux services et aux revenus des investissements.
Cependant, cette accumulation de réserves n’a pas permis de stabiliser le cedi. La monnaie ghanéenne continue de subir une forte pression sur le marché des changes. Sur le marché interbancaire, le cedi s’est déprécié de 8,4 % face au dollar américain depuis le début de l’année jusqu’au 15 mai, selon la banque centrale.
Cette situation montre le dilemme auquel fait face la Banque du Ghana : préserver les réserves extérieures tout en limitant la volatilité du taux de change. Les autorités monétaires semblent désormais privilégier une stratégie de reconstitution des réserves après les fortes tensions macroéconomiques traversées ces dernières années.
« Nous n’intervenons pas ; nous construisons plutôt des réserves », a affirmé le gouverneur de la banque centrale, précisant que les enchères régulières de devises organisées par la BoG s’inscrivent dans un cadre d’intermédiation et non dans une logique d’intervention massive pour soutenir artificiellement la monnaie.
Cette approche marque un changement par rapport aux années précédentes, durant lesquelles des injections importantes de devises avaient été mobilisées pour défendre le cedi, sans parvenir à empêcher une forte dépréciation de la monnaie. En 2025, la banque centrale avait injecté environ 10 milliards de dollars US sur le marché des changes, notamment grâce au programme national d’achat d’or.
Sous l’impulsion des recommandations du Fonds monétaire international (FMI), la Banque du Ghana a désormais adopté un cadre plus structuré d’intervention sur le marché des changes. Celui-ci repose sur des enchères bihebdomadaires avec des objectifs annoncés à l’avance aux banques commerciales.
Malgré ce dispositif, plusieurs facteurs continuent d’alimenter la demande en dollars. La hausse des besoins du secteur énergétique, les paiements saisonniers de dividendes des multinationales ainsi que l’augmentation des prix du pétrole accentuent les tensions sur le marché des devises.
Par Amhed Coulibaly


