Le secteur aurifère confirme son rôle de pilier de l’économie ghanéenne. Au premier semestre 2026, les exportations d’or ont généré 12,5 milliards de dollars US (environ 7 500 milliards de FCFA), représentant 68 % des recettes totales d’exportation du pays, selon la revue de la politique fiscale de mi-année présentée au Parlement par le ministre des Finances, Dr Cassiel Ato Forson. Cette performance consolide la position de l’or comme principal moteur des exportations, des réserves de change et de la croissance économique du Ghana.
Entre janvier et juin 2026, les recettes d’exportation du pays se sont élevées à 18,3 milliards de dollars US (environ 10 980 milliards de FCFA). À elles seules, les exportations d’or ont dépassé de loin celles des autres principaux produits d’exportation. Les recettes du cacao se sont établies à 2,3 milliards de dollars US (1 380 milliards de FCFA), tandis que celles du pétrole ont atteint 1,7 milliard de dollars US (1 020 milliards de FCFA). Les revenus issus de l’or sont ainsi plus de cinq fois supérieurs à ceux du cacao et plus de sept fois plus élevés que ceux du pétrole.
Cette domination du métal jaune a permis au Ghana d’enregistrer l’une de ses meilleures performances extérieures de ces dernières années. Les exportations d’or ont alimenté un excédent commercial de 8,8 milliards de dollars US (environ 5 280 milliards de FCFA) au premier semestre 2026. La forte progression des recettes provenant des lingots a également élargi l’excédent du compte courant, renforcé les réserves en devises et consolidé la résilience de l’économie face aux chocs extérieurs.
Dans le détail, le pays a enregistré un excédent du compte courant de 5,1 milliards de dollars US (3 060 milliards de FCFA) au premier semestre, tandis que les réserves internationales brutes ont atteint 12,9 milliards de dollars US (7 740 milliards de FCFA) à fin juin, soit l’équivalent de cinq mois de couverture des importations.
Des réformes pour capter davantage la richesse de l’or
Au-delà de la bonne tenue des cours internationaux, le ministre des Finances attribue cette amélioration à plusieurs réformes mises en œuvre par le gouvernement pour mieux valoriser les ressources minières.
Il a notamment cité la création du Ghana Gold Board (GoldBod), une structure chargée de lutter contre la contrebande d’or, de formaliser le commerce du métal précieux et de garantir qu’une plus grande part de la richesse minière bénéficie aux Ghanéens. Selon le ministre, cette réforme a permis de générer 15 milliards de dollars US (environ 9 000 milliards de FCFA) d’entrées de devises issues de l’or, contribuant à renforcer les réserves internationales et à soutenir la stabilité du cedi.
Le gouvernement a également conclu un accord avec les principales compagnies minières afin que 30 % de leur production annuelle d’or soient destinés au raffinage par des raffineries locales. Cette politique vise à accroître la valeur ajoutée créée dans le pays, à conserver davantage de richesses dans l’économie nationale et à renforcer encore les réserves de change.
L’or, principal moteur de la croissance économique
Selon le Dr Cassiel Ato Forson, le poids croissant de l’or dépasse désormais le seul secteur extérieur. En 2025, parmi les cinq sous-secteurs ayant représenté 79,1 % de la croissance globale du PIB — Information et Communication, Cultures, Or, Fabrication, Transport et Stockage — le secteur aurifère a enregistré une croissance réelle de 19,6 %.
À lui seul, il a contribué à 16,6 % de la croissance totale du PIB, permettant au Ghana de franchir, pour la première fois de son histoire, le seuil des 100 milliards de dollars US, soit environ 60 000 milliards de FCFA.
Des prix mondiaux de l’or toujours favorables
Présentant cette revue au Parlement, le ministre a également souligné que la vigueur des performances extérieures repose en partie sur l’évolution favorable des marchés internationaux des matières premières, notamment de l’or, qui continue de bénéficier de son statut de valeur refuge dans un contexte marqué par une forte volatilité mondiale.
Il a rappelé que la Banque mondiale prévoit une hausse moyenne de 16 % des prix des matières premières en 2026, principalement sous l’effet des prix de l’énergie et des engrais. Le pétrole Brent est passé de 66,6 dollars US (39 960 FCFA) le baril en janvier à 103,1 dollars US (61 860 FCFA) le baril en mars, avant de revenir à une moyenne attendue de 86 dollars US (51 600 FCFA) le baril pour le reste de l’année. Cette évolution a contribué à la hausse des coûts du carburant, des transports et des pressions inflationnistes.
Les prix de l’or ont, pour leur part, atteint des niveaux records au cours de la période, soutenus par une forte demande des investisseurs pour les actifs refuges. Si la Banque mondiale anticipe une modération progressive des cours au cours des prochains mois, le métal jaune demeure le principal levier de la solidité extérieure du Ghana et un moteur essentiel de sa croissance économique.
Par Drissa Ouattara


