Ghana : un programme de 336,6 milliards FCFA pour transformer la filière huile de palme

Le gouvernement ghanéen vient d’engager un vaste programme d’investissement destiné à dynamiser la chaîne de valeur du palmier à huile grâce à une approche intégrée combinant production, transformation, recherche et inclusion sociale. Cette initiative, d’un montant de 6,9 milliards de GH¢, soit environ 336,6 milliards FCFA, s’appuie sur un financement à long terme et une meilleure inclusion des petits exploitants pour renforcer toute la chaîne de valeur d’ici 2032.

Selon Samuel Avaala, président de l’Association ghanéenne pour le développement de l’huile de palme, les producteurs ont été pleinement associés à la conception de cette politique. Il souligne que les orientations retenues rejoignent des revendications portées depuis plusieurs années, notamment en matière de financement adapté au caractère à longue gestation de la culture.

Le plan présenté par le ministre des Finances, le Dr Cassiel Ato Forson, prévoit la création de 100 000 hectares de nouvelles plantations et plus de 250 000 emplois directs et indirects. Il ambitionne également d’assurer l’autosuffisance nationale en huile de palme et de renforcer la participation des femmes et des jeunes dans l’ensemble des maillons de la filière. La mise en œuvre sera assurée par la Tree Crops Development Authority (TCDA), en collaboration avec l’Oil Palm Research Institute et des partenaires privés.

En complément de l’enveloppe principale, le programme prévoit un guichet spécial de financement de 500 millions de dollars (300 milliards FCFA) avec l’appui de la Banque mondiale, d’institutions de financement du développement et de la Banque de développement du Ghana. Ce mécanisme vise à proposer des prêts à long terme assortis d’un moratoire de cinq ans, de taux préférentiels et d’un financement couvrant jusqu’à 70 % des coûts de projet. Il s’agit de répondre à la difficulté des petits exploitants et investisseurs à accéder à des crédits adaptés à des cultures dont la pleine maturité s’étale sur près de sept ans.

L’association des producteurs estime que cette combinaison d’investissements publics et de facilités financières constitue une opportunité pour renforcer la filière, réduire les importations d’huile de palme brute – qui avoisinent 200 000 tonnes par an pour une facture annuelle de plus de 200 millions de dollars (120 milliards FCFA) – et améliorer les capacités nationales de raffinage et de transformation. Le lancement opérationnel est ainsi prévu pour l’année prochaine.

Par Léon Yougbaré

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